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OMS: la Suisse ne "peut pas être fière" de sa politique antitabac

La Suisse "peut faire beaucoup mieux", a estimé le directeur pour la prévention des maladies non transmissibles au sein de l'OMS, Douglas Bettcher, à l'occasion de la Journée mondiale sans tabac.

KEYSTONE/MARTIAL TREZZINI

(sda-ats)

La Suisse "ne peut pas être fière" de son taux de fumeurs et ne va vraisemblablement pas atteindre l'objectif d'une réduction de 30% d'ici 2025. En marge d'un rapport publié jeudi à Genève, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) épingle la politique helvétique.

La Suisse "peut faire beaucoup mieux", a estimé devant la presse le directeur pour la prévention des maladies non transmissibles au sein de l'institution, Douglas Bettcher, à l'occasion de la Journée mondiale sans tabac. Selon les données, la prévalence des consommateurs chez les plus de 15 ans en Suisse devrait atteindre 21% en 2025, contre 25,8% en 2010.

Pas de quoi atteindre la baisse recommandée de 30%. La Suisse sera alors à un niveau "encore très élevé", au-dessus de la moyenne actuelle dans le monde, a ajouté l'une des responsables du rapport de l'OMS, Alison Commar. En 2016, le taux mondial de consommateurs de tabac s'établissait à 20%, soit sept points de pourcentage de moins, qu'il y a près de 20 ans.

En Suisse, la surveillance et la contre-publicité médiatique sont "bonnes", selon M. Bettcher. Mais les politiques d'interdiction de la fumée dans certaines zones, en fonction des cantons, et les restrictions à la publicité pour le tabac sont "inégales", dit-il. Enfin, l'industrie du tabac reste importante dans ce pays, souligne-t-il.

"Pas possible" en Suisse

La Suisse a signé la Convention-cadre sur la lutte contre le tabac (FCTC), mais elle fait partie de la dizaine de pays qui ne l'ont pas ratifiée. M. Bettcher l'appelle instamment à valider cette convention, mais Berne explique que ce scénario n'est pas possible en l'état.

Ni la législation actuelle ni le projet de loi sur les produits du tabac actuellement en consultation ne répondent "aux exigences minimales" de la FCTC, a indiqué à l'ats l'Office fédéral de la santé publique (OFSP). Notamment parce que les restrictions de publicité "ne vont pas aussi loin que dans de nombreux pays", explique l'office dans une prise de position écrite.

Des mesures nationales plus fortes, souhaitées pourtant par 58% de la population dans un récent sondage, ne trouvent pas de majorité au Parlement fédéral.

Recul insuffisant

Dans le monde, si la consommation de tabac a largement diminué, le recul est insuffisant pour atteindre une diminution de 30% d'ici 2025. Si la situation actuelle continue, la réduction sera inférieure de 8 points à la recommandation pour 2025.

Le tabac et l'exposition à cette substance provoquent des pathologies cardiovasculaires responsables d'environ 3 millions de décès par an. De nombreuses personnes, dont plus de 60% de la population en Chine, ne savent pas que la fumée peut provoquer ce type de maladies, selon l'OMS. "Nous devons réduire ce décalage", plaide M. Bettcher. De plus, les effets de la cigarette électronique doivent, eux, être mieux identifiés.

Le responsable de l'OMS en appelle à la "volonté politique" des gouvernements. Il veut notamment l'interdiction de la fumée dans les zones fermées, publiques ou dans l'environnement de travail, mais aussi le recours aux mises en garde ou à des paquets neutres.

Peu de pays atteignent l'objectif

Au total, 1,1 milliard d'adultes fument dans le monde. A ce nombre s'ajoutent près de 370 millions de consommateurs de tabac sans fumée, soit plus de 6% des plus de 15 ans. Le nombre n'a pas changé, mais la population a augmenté en près de 20 ans. En une quinzaine d'années, la part des fumeurs a reculé de 9 points de pourcentage chez les hommes et cinq points chez les femmes.

Plus de la moitié des pays membres de l'OMS ont réduit leur demande en tabac. Un pays sur huit atteindra probablement l'objectif de 2025. Par régions, seul le continent américain devrait être couronné de succès.

Plus de 80% des fumeurs habitent dans les pays à revenus bas ou intermédiaires. La prévalence dans les pays pauvres recule plus lentement que dans les pays à revenus élevés et le nombre de fumeur dans les premiers augmente, explique également l'organisation.

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