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L'ONU demande notamment à la Turquie de mettre un terme à l'état d'urgence (archives).

KEYSTONE/AP/EMRAH GUREL

(sda-ats)

L'état d'urgence en Turquie a mené à "de profondes violations de droits de l'homme contre des centaines de milliers de personnes". Dans un rapport publié mardi à Genève, l'ONU dénonce une détérioration de la situation qui pourrait avoir un impact "pendant longtemps".

S'il reconnaît les défis de ce pays après le coup d'Etat avorté en 2016, le Haut-Commissariat aux droits de l'homme cible le manque de lien de certaines décisions avec "une quelconque menace nationale". Il estime au contraire que celles-ci ont contribué à éliminer toute critique contre le gouvernement.

"Les chiffres sont juste ahurissants", estime le Haut commissaire Zeid Raad al-Hussein. En un an et demi, près de 160'000 personnes ont été arrêtées et plus de 150'000 fonctionnaires ont été renvoyés "la plupart de manière totalement arbitraire" et certains en raison de l'utilisation de certaines applications. Certains ont été poursuivis.

Environ 300 journalistes ont été arrêtés et des médias fermés ou plus de 100'000 sites, dont de nombreux kurdes, ont été bloqués. L'état d'urgence "a clairement été utilisé pour entraver gravement et arbitrairement les droits de l'homme d'un très grand nombre de personnes", déplore M. Zeid.

Scrutin à nouveau ciblé

La Turquie aurait détenu plus de 100 femmes enceintes ou qui venaient d'accoucher pour leur lien avec leurs maris suspectés d'êtres proches d'organisations terroristes. Certaines ont été retenues avec leurs enfants, d'autres sans. "C'est simplement scandaleux", affirme le Haut commissaire.

Parmi les mesures ciblées, le référendum d'avril dernier qui a étendu les pouvoirs du président Recepp Tayyip Erdogan est considéré comme "problématique". Plus de 20 décrets ont été validés dans le cadre de l'état d'urgence.

Le rapport, qui porte sur 2017, mentionne le recours à la torture et d'autres mauvais traitements par les forces de sécurité. Il se demande notamment comment l'éviction de certains logements peut contribuer au fonctionnement des institutions. Il appelle la Turquie à mettre rapidement un terme à l'état d'urgence et à réviser les lois qui violent ses obligations internationales.

Zeid inquiet dans le sud-est

Le rapport dénonce aussi l'échec des autorités à mener des investigations crédibles sur les décès civils dans le sud-est du pays. Les accusations d'assassinats, de torture, de violences contre les femmes, ou encore de recours excessif à la force se sont poursuivis après les conclusions de l'ONU il y a un an sur cette région.

Selon le ministère de la défense, plus de 10'600 terroristes ont été "neutralisés" jusqu'à juin dernier. M. Zeid est préoccupé et demande des données détaillées sur ces individus.

Et il appelle à nouveau à un accès pour son bureau dans cette zone pour une évaluation directe de la situation des droits de l'homme et à poursuivre les responsables. Le rapport a été notamment établi sur la base de plus de 100 discussions avec des victimes, des témoins et des proches de victimes.

Ankara réplique

La Turquie a aussitôt dénoncé le rapport. Ce texte, "qui contient des informations déformées, biaisées et fausses, est inacceptable pour la Turquie", a déclaré le ministère turc des Affaires étrangères dans un communiqué.

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ATS