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Opérations policières dans des universités publiques brésiliennes

Environ 3000 étudiants sont rassemblés dans le centre de Rio pour protester contre la décision de la justice électorale locale leur demandant de retirer les bannières contenant de la "propagande négative" à l'encontre du candidat à la présidentielle d'extrême droite.

KEYSTONE/AP/SILVIA IZQUIERDO

(sda-ats)

Plusieurs opérations policières ont eu lieu ces derniers jours pour obtenir le retrait de banderoles antifascistes ou l'annulation de conférences sur la démocratie dans des universités publiques au Brésil. Etudiants et professeurs crient à la "censure".

Selon la presse, 35 universités publiques ont été visées par ces opérations, à quelques jours du second tour de l'élection présidentielle, menées pour la plupart à la demande de Tribunaux régionaux électoraux (TRE), chargés dans chaque Etat de veiller au bon déroulement de la campagne et des scrutins.

Dans un communiqué, Rosa Weber, la présidente du Tribunal supérieur électoral (TSE), dont dépendent les tribunaux régionaux, a assuré prendre toutes les dispositions pour "faire la lumière sur les circonstances" de ces interventions et empêcher "d'éventuels abus de pouvoir" de la police au sein des universités.

"La justice électorale interdit la mise en oeuvre de propagande électorale au sein des universités publiques et privées, mais cette interdiction vise la propagande électorale et ne comprend pas, bien évidemment, la liberté de manifestation et d'expression", a rappelé Mme Weber.

"Propagande négative"

A la faculté de droit de l'Université fédérale de l'Etat de Rio (UFF), la justice électorale locale a demandé le retrait d'une banderole sur laquelle était écrit "Direito UFF Antifascista" (Droit UFF Antifasciste).

L'institution estimait que la bannière présentait un "contenu de propagande électorale négative" à l'égard du candidat d'extrême droite à l'élection présidentielle, Jair Bolsonaro, favori du deuxième tour dimanche. Les étudiants l'ont depuis remplacée par une nouvelle banderole où apparaît le mot "censuré".

Les policiers ont également demandé le retrait de deux banderoles à l'Université de l'Etat de Rio de Janeiro (UERJ), dont une en hommage à la conseillère municipale Marielle Franco assassinée en mars. En l'absence de mandat de la justice électorale, elles n'ont finalement pas été retirées.

A l'Université fédérale de Rio Grande Sul, une conférence intitulée "Contre le fascisme, pour la démocratie" a dû être annulée.

Tracts saisis

Des tracts pour la "défense de la démocratie et de l'université publique" ont été saisis au siège de l'Association des professeurs de l'Université fédérale de Campina grande, dans l'Etat de Paraiba (nord-est), où trois universités ont été ciblées.

Le président de la Cour Suprême, Dias Toffoli, a rappelé dans un communiqué que la plus haute juridiction du pays "avait toujours défendu l'autonomie et l'indépendance des universités", ainsi que la "liberté de penser, d'expression et de manifestation pacifique".

Plus tôt, Gilmar Mendes, un juge de la Cour suprême, a demandé à la justice électorale de faire preuve "de prudence". Il faut "savoir faire la différence entre certaines manifestations qui débordent le cadre légal et des manifestations normales dans un environnement universitaire", a-t-il souligné.

"L'éducation ne se taira pas"

En signe de protestation, plusieurs manifestations d'étudiants étaient organisées dans le pays. Environ 3000 d'entre eux se sont rassemblés dans le centre de Rio devant le siège du TRE local.

"Cela ne sert à rien d'intimider les universités, d'envahir les campus universitaires. L'éducation ne se taira pas", a réagi sur Twitter Fernando Haddad, le candidat du Parti des travailleurs (PT), qui affrontera dimanche Jair Bolsonaro au second tour de l'élection présidentielle.

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