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Organisations de patients et cantons mécontents

Jura, Genève ou Fribourg dénoncent des hausses de primes d'assurance maladie sans commune mesure avec la réalité des coûts de la santé (archives).

KEYSTONE/GAETAN BALLY

(sda-ats)

"Un coup dur", "dramatique", "injuste", "malhonnête": le mécontentement des organisations de défense des patients et des cantons n'a pas tardé à fuser à l'annonce des hausses de primes maladie pour 2017. Les solutions préconisées restent cependant très divergentes.

"Les hausses annoncées lundi par l'Office fédéral de la santé publique (OFSP) frapperont durement les familles puisqu'elles concernent notamment les enfants et les jeunes adultes", a déclaré Rebecca Ruiz, présidente du Service aux Patients Suisse occidentale.

Or le contexte au Parlement n'est guère favorable aux patients, selon elle. La majorité de droite veut durcir toutes les conditions générales liées à l'assurance maladie. Or ce n'est pas en augmentant la participation des assurés aux frais de santé que l'on résoudra le problème. "Une telle logique conduit à une médecine à deux vitesses", prédit la socialiste.

Dysfonctionnement

L'augmentation des primes maladie 2017 reflète une situation qui devient "dramatique", s'insurge Mathieu Fleury, secrétaire général de la Fédération romande des consommateurs (FRC). Et la Suisse romande est la plus touchée, souligne-t-il.

Cette majoration "inédite" montre que le système ne fonctionne pas, affirme M. Fleury dénonçant "la chasse aux bons risques". Les caisses "low-cost" ont montré leurs limites: alors que ce type d'assurances s'oriente vers les jeunes, c'est pour cette tranche de la population que l'impact est le plus violent.

Hausse déconnectée de la réalité

Dans les cantons, la grogne est aussi au rendez-vous. Jura, Genève ou Fribourg, notamment, dénoncent des hausses de primes d'assurance maladie sans commune mesure avec la réalité des coûts de la santé. Comment expliquer une hausse de 25% des primes moyennes dans le Jura entre 2009 et 2015 alors que les coûts de la santé ont augmenté de 14%?

Dans le canton de Fribourg, l'Etat prend en charge 2% supplémentaires de frais hospitaliers depuis 2012, faisant économiser 9 millions aux caisses par année. Mais il n'y a pas de report sur les primes des assurés, regrettent les autorités.

Caisses cantonales

Mauro Poggia pointe du doigt les réserves que les assureurs constituent au niveau national. Elles échappent complètement aux cantons. Des réserves accumulées à Genève sont ainsi utilisées pour maintenir des primes artificiellement basses ailleurs. "Les caisses font ce que bon leur semble", s'insurge-t-il. Pour lui, les cantons devraient avoir leur mot à dire sur les réserves.

Il plaide toujours pour une caisse publique cantonale. Mais l'idée a du plomb dans l'aile puisque la FRC, sans y renoncer, a gelé ce projet, faute de soutien en Suisse alémanique. "Il faut faire bouger les fronts" dans cette région pour lancer une initiative populaire en ce sens, dit Mathieu Fleury.

Aux yeux de Pierre-Yves Maillard, chef du Département de la santé et de l'action sociale (DSAS), changer la donne est obligatoire. "Je suis convaincu qu'une nouvelle initiative populaire sur les caisses maladie est absolument indispensable. Le besoin d'un changement profond augmente à chaque scrutin, de l'ordre de 10% (de partisans supplémentaires, ndlr), et c'est le seul moyen pour que le Parlement bouge".

Le parti socialiste veut une intervention des pouvoirs publics afin que la santé reste un véritable service public. Il exige une réforme des subventions aux primes d'assurance maladie, afin qu'aucun ménage ne doive dépenser plus de 10% de son budget pour payer ses primes. Des initiatives populaires en ce sens ont été lancées dans différents cantons: Argovie, Bâle-Ville, Berne, Saint-Gall, Vaud.

Ambulatoire vs stationnaire

Plusieurs acteurs estiment qu'il faudrait réformer le financement des prestations hospitalières et ambulatoires. De plus en plus, les patients se font traiter en ambulatoire (+6,1% entre 2005 et 2015 par assuré et par année, selon curafutura), des prestations entièrement financées par les caisses maladie. Les séjours à l'hôpital, pris en charge à 55% par les cantons, connaissent eux une hausse modérée.

Pour Margrit Kessler de l'organisation suisse des patients (OSP), il est souhaitable que les cantons mettent aussi la main au porte-monnaie pour les traitements ambulatoires. "Les primes maladie baisseraient alors". La FMH et les faîtières des caisses curafutura et santésuisse souhaitent un financement uniforme.

La Conférence des directeurs cantonaux de la santé (CDS) se montre sceptique quant à ces exigences. "La question du financement n'est pas la plus importante, car elle ne change rien aux coûts effectifs de la santé", relève Stefan Leutwyler, secrétaire central suppléant de la CDS. Il s'agit bien plus de savoir où les traitements doivent être dispensés de la manière la plus efficiente possible afin d'éviter les coûts inutiles.

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