Contenu externe

Le contenu suivant a été fourni par des partenaires externes. Nous ne pouvons ainsi pas garantir son accessibilité à tous les utilisateurs.

L'ancien directeur général d'UBS et de Credit Suisse Oswald Grübel critique la stratégie de l'argent propre du Conseil fédéral et les accords fiscaux. Selon lui, la place financière suisse va s'effondrer et les conséquences pour l'économie seront perceptibles dès 2020.

"Les taux d'intérêt seront aussi élevés que dans le reste de l'Europe; nous aurons fixé le franc à l'euro et le taux de chômage sera similaire", prévoit Oswald Grübel dans le "Tages-Anzeiger" et "Bund". "Ça me fait vraiment mal, ce qui se passe ici", dit-il.

Selon lui, la stratégie de l'argent propre est "inutilisable". "Le travail administratif pour les banques est bien trop grand. Pensez-vous que le client a un tampon sur le front qui montre s'il paie des impôts?", demande-t-il. Rien que l'ouverture d'un compte bancaire coûterait déjà 10'000 francs en raison du surplus de travail.

Suppression de 20'000 emplois

Interrogé sur l'accord fiscal avec l'Allemagne, Oswald Grübel répond: "si je siégeais au Parlement, je voterais contre". Pour lui, il est faux de négocier bilatéralement avec chaque pays. "La Suisse accepte chaque pression". La France et l'Italie voudront plus que ce que prévoit l'accord avec l'Allemagne. Les Allemands reviendront donc avec de nouvelles revendications, affirme-t-il.

"Cette politique est irréfléchie", estime l'ancien banquier. La place financière suisse va se rétrécir, bien plus que les autres. Une suppression de 20'000 emplois est "possible", selon lui.

Luxembourg et Autriche

Pour Oswald Grübel, le sauvetage "inutile" d'UBS par le Conseil fédéral en 2008 est en partie responsable du recul de la place financière suisse. "Depuis, Berne a les banques entre les mains et fait pression pour une place financière sans risque".

A la place d'accords fiscaux bilatéraux, l'ex-banquier propose que la Suisse s'allie avec le Luxembourg et l'Autriche, qui sont des exceptions au sein de l'UE et ne connaissent pas l'échange automatique d'informations.

L'Allemand a passé plus de 40 ans au sein du secteur bancaire helvétique. Appelé à la tête d'UBS en 2009 pour redresser l'établissement, il a démissionné en septembre 2011, emporté par l'affaire des transactions frauduleuses d'un courtier londonien.

ATS