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Oui au libre-échange avec le Mercosur, mais pas à tout prix

La viande importée des pays du Mercosur ne devra présenter aucun stimulateur de croissance. Elle devra aussi avoir été produite dans le respect de standards élevés en matière de protection des animaux et de sécurité alimentaire.

KEYSTONE/AP/NATACHA PISARENKO

(sda-ats)

Une coalition d'organisations paysannes, de consommateurs et d'ONG s'est dite lundi favorable à un accord de libre-échange entre la Suisse et le Mercosur. Mais elle exige que des critères contraignants de durabilité y figurent.

Un tel accord de libre-échange aura des répercussions sur les familles paysannes et l’environnement dans les Etats du Mercosur, ont relevé les participants lors d'une conférence de presse à Berne. Mais aussi sur l'agriculture helvétique et les consommateurs suisses.

Pour les membres de la coalition sur le Mercosur, il est impératif qu'un accord ne compromette ni les produits agricoles indigènes sensibles ni la protection des consommateurs. Ils souhaitent que la politique et la société débattent des répercussions attendues et proposent des solutions raisonnables.

La coalition sur le Mercosur comprend l'Union suisse des paysans, Uniterre, la Fédération romande des consommateurs (FRC), la Protection suisse des animaux (PSA), Greenpeace, Pain pour le prochain et Public Eye.

Multinationales toutes puissantes

Les organisations présentes dans les États du Mercosur partagent ces revendications, a souligné Natalia Carrau, membre du groupe uruguayen de l'organisation Les Amis de la Terre.

"Déjà aujourd’hui, l’agriculture industrielle, aux mains des multinationales, met sous pression les exploitations familiales en Amérique du Sud. Avec les accords de libre-échange avec l’Europe et l’augmentation de l’exportation des produits agricoles qu’ils entraînent, cette pression va s'accroître encore", a-t-elle expliqué.

Les petits paysans risquent de disparaître, la souveraineté alimentaire sera menacée, l'agriculture intensive favorisée et les dégâts sur l'environnement accrus.

Analyse indépendante nécessaire

Pour identifier les risques avant la conclusion de l’accord, la coalition exige du Conseil fédéral une analyse indépendante sur sa durabilité. Les résultats, qui serviront de base aux négociations, devront être divulgués. "Le contenu des pourparlers n'est actuellement pas accessible au public", a noté Mme Carrau.

La coalition sur le Mercosur demande en outre que l'accord prévoie un chapitre contraignant sur la durabilité, avec des objectifs mesurables. Il devra aussi comprendre des contrôles et des mécanismes contraignants de sanction.

Respect des traités

La mise en oeuvre de l’Agenda 2030 et des objectifs de développement durable de l'ONU devront notamment figurer dans ce chapitre. Des aspects sur la protection des animaux et la mise en oeuvre de l’accord de Paris sur le climat également.

Les concessions sur l'importation de produits agricoles sensibles devront être limitées aux contingents de l’Organisation mondiale du commerce (OMC). De plus, la viande importée des pays du Mercosur ne devra présenter aucun stimulateur de croissance et devra respecter des standards élevés en matière de protection des animaux et de sécurité alimentaire.

"La majeure partie des mauvais traitements envers les animaux interdits en Suisse tels que la détention permanente à l’attache (...), en batterie, la castration sans anesthésie et les transports de plus de six heures de route sont légaux" dans les pays du Mercosur, a souligné Hansuli Huber, de la PSA.

Du côté des paysans suisses, on serait prêt à accepter un système de contingents pour l'importation de la quantité de viande qui manquerait dans la production suisse.

Pas d'OGM

Par ailleurs, la Suisse continuera de n’acheter que du soja exempt d'OGM. Pour ne pas miner la protection des consommateurs, les contrôles et l’indication de la provenance des produits importés devront être améliorés.

"Les récents scandales concernant des produits issus du Mercosur, comme celui sur la viande brésilienne avariée, invitent à la prudence", a relevé Laurianne Altwegg, de la FRC.

"La suppression d’entraves au commerce n’apporte pas toujours les bénéfices escomptés pour les consommateurs", a-t-elle aussi constaté: "soit les prix ne baissent pas – comme dans le cas du Cassis de Dijon – soit les distributeurs ne répercutent pas les baisses de prix".

Berne négocie un accord de libre-échange avec les Etats du Mercosur (Brésil, Argentine, Uruguay et Paraguay) dans le cadre de l’AELE depuis juin 2017. L’économie suisse d’exportation espère en obtenir un meilleur accès aux marchés sud-américains.

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