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La justice ukrainienne a commencé mardi à juger deux militaires russes présumés. Ces derniers ont été capturés en mai dernier dans l'est rebelle de l'Ukraine. Ils sont accusés d'avoir combattu contre l'armée ukrainienne.

De nationalité russe, le capitaine Evgueni Erofeïev et le sergent Alexandre Alexandrov sont visés par cinq chefs d'inculpation, notamment participation à une "guerre agressive" contre l'Ukraine et à un "attentat terroriste", selon le Parquet ukrainien. Une première audience dite préparatoire a eu lieu mardi durant laquelle les deux hommes étaient placés dans une cage de fer d'où ils pouvaient parfois communiquer avec les journalistes présents dans la salle.

Alors que les juges délibéraient, M. Erofeïev, le bras blessé porté en écharpe, a accusé les autorités ukrainiennes de faire pression sur lui et son camarade Alexandrov. "Elles exercent une pression sur nous car elles exigent que nous fassions des dépositions qui conviennent au parquet", a lancé le capitaine.

"Nous sommes menacés par une longue peine de prison pour quelque chose que nous n'avons pas fait. Nous plaçons nos espoirs en Dieu et certainement pas en la justice ukrainienne", a-t-il poursuivi. Interrogé par la presse sur les accusations de son capitaine, le sergent Alexandrov n'a pas répondu.

Sans indiquer la date de reprise du procès, le juge a décidé de transférer le dossier à la cour municipale de Kiev.

"Anciens militaires"

Présentés par Kiev comme des membres des forces spéciales rattachées à la direction du renseignement militaire russe, les deux hommes sont en détention depuis le mois de mai. Moscou, qui dément toute présence de ses troupes en Ukraine, les présente comme d'"anciens militaires" ayant pris congé de l'armée russe en décembre 2014.

Ils avaient été capturés le 16 mai dernier après avoir été blessés par des tirs sur la ligne de front lors d'un affrontement avec des soldats ukrainiens, au cours duquel un Ukrainien avait été tué.

Sur une vidéo de leur interrogatoire diffusée par Kiev en mai, les deux hommes indiquaient être entrés en Ukraine plus d'un mois auparavant avec 200 autres militaires russes pour effectuer des missions de renseignement, en compagnie des troupes rebelles qui affrontent les forces de Kiev.

Autre procès en Russie

Ce procès se déroulait mardi en parallèle de celui, en Russie cette fois, de la pilote militaire ukrainienne Nadia Savtchenko, accusée par Moscou du meurtre prémédité en juin 2014 de deux journalistes russes dans l'est de l'Ukraine.

Nadia Savtchenko, jugée à Donetsk, une petite ville russe située à la frontière russo-ukrainienne, a affirmé avoir été "vendue aux Russes" par les séparatistes de l'est de l'Ukraine. "Je ne comprends pas ce que représente cette cour en Russie. Où sont la loi et la justice ?", a déclaré la pilote, enfermée dans une cage, conformément à la pratique en Russie.

La pilote d'hélicoptère, qui risque jusqu'à 25 ans de prison, est accusée par les enquêteurs d'avoir fourni la position des journalistes aux artilleurs ukrainiens. "J'étais pilote d'hélicoptère, on a des cours de maths et de calculs pour les manoeuvres, etc. Pour être pointeur d'artillerie avec un hélicoptère, il faut faire d'autres cours précis. Je n'ai pas eu ce genre (de cours)", a-t-elle dit. "Je ne sais pas diriger un tir d'artillerie", a-t-elle assuré, ajoutant avoir été "interrogée sous la menace d'un pistolet".

ATS