La Chine cherche à imposer "un nouvel ordre mondial des médias" afin de faire taire les critiques, a accusé lundi Reporters sans frontières (RSF). L'ONG juge ce projet dangereux pour la liberté de la presse.

Le régime communiste, classé 176e sur 180 pays par RSF dans son classement annuel de la liberté de la presse, contrôle étroitement les médias et a mis en place "une Grande muraille de l'information" pour bloquer les sites internet et les contenus jugés nocifs.

Mais cette politique ne se limite pas au territoire national et l'association de défense de la liberté de la presse estime que Pékin "exporte" ses méthodes de censure et de surveillance dans le monde entier.

"Par le biais de ses ambassades et de son réseau d'instituts culturels et linguistiques Confucius, la Chine n'hésite plus à recourir à l'intimidation et au harcèlement pour imposer son vocabulaire idéologiquement correct et tenter d'occulter les chapitres noirs de son histoire", dénonce RSF dans un rapport.

Interrogé lors d'un point de presse, le porte-parole de la diplomatie chinoise, Geng Shuang, a estimé que ce document n'était "pas conforme à la réalité" et ne méritait "même pas d'être réfuté".

"Forger une opinion plus favorable"

Selon RSF, pour parvenir à ses fins, "Pékin dépense sans compter: modernisation de l'audiovisuel extérieur; entrée dans le capital de médias étrangers; achat massif de publicités; invitation en Chine, tous frais payés, de journalistes du monde entier".

"Le gouvernement chinois est parvenu à forger mondialement une opinion publique plus favorable", observe Lo Shih-hung, professeur d'information communication à l'Université nationale Chung Cheng de Taïwan. "Le résultat est manifeste: beaucoup de pays hésitent à poser des questions trop directes à la Chine ou à faire pression sur le gouvernement chinois", déclare-t-il à l'AFP.

"Le nouvel ordre mondial des médias que les autorités chinoises défendent dans le monde entier va à l'encontre du journalisme", observe Cédric Alviani, responsable de RSF pour l'Extrême-Orient.

"Il s'agit d'un nouvel ordre des médias dans lequel le journaliste travaille pour l'Etat, pas pour les citoyens", affirme-t-il. Selon lui, l'offensive chinoise "est une menace directe non seulement pour les médias mais aussi pour les démocraties".

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