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Des familles sud et nord-coréennes séparées depuis la Guerre de Corée (1950-1953) se sont quittées lundi après de rarissimes réunions très chargées en émotion. Ce moment de rapprochement a toutefois été terni par un nouvel incident frontalier.

Pendant ces trois jours de retrouvailles exceptionnelles, les familles ont tenté de rattraper plus de 60 ans de temps perdu avec au final le moment le plus douloureux: un "au revoir" qui, vu l'âge des participants, est certainement un "adieu".

Pour certains, cette nouvelle séparation était insupportable. Ainsi Han Um-Jon, pour qui l'ultime image de son époux sud-coréen de 86 ans demeurera celle de la civière chargée dans l'ambulance qui devait le ramener à Séoul.

D'autres accrochaient désespérément les mains de leurs proches au travers des fenêtres de bus se préparant à quitter la station de montagne nord-coréenne de Kumgang en direction du Sud.

"Papa, s'il te plaît, vis jusqu'à tes 130 ans, moi je vivrai jusqu'à mes 100 ans", a lancé Lee Dong-Wook, le fils du doyen des participants sud-coréens, Lee Suk-ju, âgé de 98 ans.

"Nous trouverons un moyen de nous revoir", a promis une femme à ses proches nord-coréens rassemblés à l'extérieur du bus. "Faites en sorte de ne pas tomber malade."

Le coeur en lambeaux

Un millier de Nord-Coréens et de Sud-Coréens ont eu la chance de participer tout au long de la semaine à ces réunions, qui se sont déroulées sur deux séries de trois jours. Une chance, car rien qu'au Sud, 65'000 personnes sont sur liste d'attente.

Ces rencontres n'étaient que les deuxièmes du genre en cinq ans. Et rien ne permet de dire quand auront lieu les prochaines.

Pour les familles nord et sud-coréennes réunies, le prix émotionnel à payer pour participer à ce type de rencontre est très élevé. Beaucoup de participants en reviennent le coeur en lambeaux, après des rencontres orchestrées avec précision et étroitement contrôlées.

Annulées à la dernière minute

En réalité, l'appellation "rencontre de trois jours" donnée à cet événement est trompeuse. Il s'agit en fait de six entrevues de deux heures chacune. Les participants sont autorisés une fois seulement à se voir en face à face et en privé.

Le programme de réunions des familles avait véritablement commencé après un sommet historique Nord/Sud en 2000. A l'origine, il y avait une rencontre par an, mais les tensions qui surgissent régulièrement dans la péninsule avaient eu raison de ce rythme.

Plusieurs réunions ont été annulées à la dernière minute par la Corée du Nord. Celle-ci les utilise pour tenter d'extirper des concessions à Séoul et les voit comme un acte de largesse diplomatique qui mérite récompense.

"Provocation"

Samedi, la réalité du conflit coréen s'est rappelée à ce moment de relative détente. La marine sud-coréenne a tiré plusieurs coups de semonce à l'attention d'un patrouilleur du Nord qui s'était aventuré dans une zone interdite selon le Sud. Un incident qualifié dimanche par le Nord de "provocation délibérée pour déclencher un conflit militaire".

C'est dans le cadre d'un accord conclu fin août pour mettre fin à une dangereuse escalade entre les deux voisins que la nouvelle série de réunions de famille a eu lieu.

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ATS