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La Cour suprême du Pakistan a accepté mercredi d'examiner l'appel d'Asia Bibi. Cette chrétienne condamnée à mort pour blasphème est soutenue par plusieurs dirigeants occidentaux, dont le pape François.

Asia Bibi, mère de cinq enfants, a été condamnée à la peine capitale en 2010 après avoir été accusée d'avoir insulté le prophète Mahomet par des musulmanes de son village avec qui elle s'était disputée. Des allégations qu'elle a toujours niées en bloc.

La chrétienne est depuis devenue un symbole du débat sur la loi sur le blasphème, un sujet ultra sensible dans cette république islamique où des accusations non prouvées peuvent conduire une foule à lyncher des suspects et où les acquittements sont rares.

Preuves fabriquées de toutes pièces

Les avocats d'Asia Bibi avaient interjeté appel fin novembre devant la Cour suprême, la plus haute juridiction du pays, après la confirmation de sa peine de mort par la Haute cour de Lahore (est).

Mercredi matin, "la Cour suprême a accepté d'examiner l'appel de ma cliente contre la confirmation de sa peine de mort par la Haute cour de Lahore", a annoncé l'un des avocats d'Asia Bibi, Saiful Malook, à la sortie de l'audience.

La Cour va prochainement fixer une date pour le début de l'examen de l'appel, a ajouté l'avocat qui dénonce des preuves contre sa cliente fabriquées de toutes pièces.

Loi utilisée pour régler des conflits personnels

La controversée loi pakistanaise sur le blasphème prévoit la peine capitale pour quiconque est reconnu coupable d'avoir insulté le prophète Mahomet, et la prison à vie pour profanation du Coran.

Elle est défendue bec et ongles par les influents cercles religieux conservateurs de ce pays musulman à plus de 96%, qui la considèrent comme essentielle pour protéger l'islam.

Elle est en revanche dénoncée par des défenseurs des droits humains, qui l'estiment instrumentalisée pour régler des conflits personnels ou fonciers, notamment contre les minorités religieuses discriminées telles que les chrétiens (1,6 % de la population). Des abus régulièrement confirmés par des témoignages sur le terrain.

ATS