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La Cour suprême du Pakistan a ordonné mardi la destitution du Premier ministre Yousuf Raza Gilani, condamné pour avoir refusé de coopérer dans une affaire de détournements de fonds présumés vers la Suisse visant le président Asif Ali Zardari. Ce verdict pourrait entraîner des élections anticipées.

"Yousuf Raza Gilani est destitué de son rang de parlementaire" à partir du 26 avril, date de sa condamnation, a annoncé le président de la Cour Suprême en lisant l'arrêt de la cour. "Il cesse également après la même date d'être Premier ministre du Pakistan, et ce poste doit être considéré comme vacant", a-t-il ajouté.

"Le président devra prendre les mesures nécessaires pour assurer la continuité du processus démocratique", notamment l'élection d'un nouveau Premier ministre, a-t-il ajouté.

Selon les termes de la Constitution, une personne reconnue coupable d'avoir porté atteinte à l'honneur de la justice peut être empêchée de siéger au Parlement, condition sine qua non pour être Premier ministre.

Juste après cette annonce, M. Zardari a convoqué une réunion d'urgence de son parti, le Parti du peuple pakistanais (PPP), pour "examiner la situation", a déclaré un responsable gouvernemental sous couvert de l'anonymat. Il a aussi convoqué les responsables des autres partis membres de la coalition gouvernementale menée par le PPP à le rencontrer dans la soirée.

Incertitude politique renforcée

Reste à savoir si le verdict de la Cour suprême va entraîner un départ immédiat de M. Gilani. Ce dernier a déclaré à plusieurs reprises que seul le parlement, et non la justice, pouvait ordonner sa destitution.

Mais des responsables PPP ont évoqué la possibilité que le chef du gouvernement soit remplacé rapidement par un autre cadre du parti pour éviter une grave crise avec la justice et une paralysie du pouvoir.

Ce verdict affaiblit le président Zardari, au pouvoir depuis 2008. Selon certains observateurs, il pourrait entraîner des élections législatives anticipées.

ATS