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Parution jeudi de l'ultime livre de l'écrivain Jean d'Ormesson

Les derniers mots de Jean d'Ormesson sont une invitation à rêver: "c'est comme un coin de ciel bleu au terme d'une journée plutôt sombre" (archives).

Keystone/AP NY

(sda-ats)

"Grâce à Dieu je vais mourir". Ainsi commence "Un hosanna sans fin", livre-testament de l'écrivain français Jean d'Ormesson sur le sens de la vie, achevé deux jours avant sa disparition. Il paraît jeudi en librairies.

Oeuvre ultime de l'Académicien français, "Un hosanna sans fin" (expression empruntée à Chateaubriand que l'écrivain disparu le 5 décembre dernier vénérait), vient clore la trilogie entamée avec "Comme un chant d'espérance" (2014) et "Guide des égarés" (2016).

"L'idée de clore, en dépit de la maladie, la trilogie commencée par 'Comme un chant d'espérance' et poursuivie par 'Guide des égarés' l'enchantait", affirme sa fille, Héloïse d'Ormesson. C'est elle qui publie le livre de son père dans la maison qui porte son nom.

Commencé en juin 2017, l'écrivain mit la touche finale à son livre le 3 décembre suivant, deux jours avant sa mort à 92 ans. "Sa mort, le 5 décembre, lui interdira de relire les derniers feuillets, comme il avait coutume de le faire", souligne Héloïse d'Ormesson dans un avertissement aux lecteurs placé au début du livre.

"Dieu est invraisemblable"

"Au-delà de cette absence de relecture, 'Un hosanna sans fin' n'a pas bénéficié de ce passage au tamis méthodique, de cette vigilance à la virgule près, dont ont profité les trente-sept livres précédents", prévient l'éditrice. Elle a choisi de publier le texte "en l'état", "sans escamoter telle phrase au parfum d'inachèvement, sans chercher à clarifier un concept ébauché". "Ce livre, souligne encore Mme d'Ormesson, mon père l'a donc achevé, mais pas fini. Ou fini, mais pas achevé".

L'objet de ce petit livre (140 pages) n'est rien de moins que l'existence ou non de Dieu. "Dieu n'a pas d'autre existence que celle que nous nous efforçons de lui prêter. Personne ne l'a jamais vu. Chacun peut s'en passer. Dieu est assez peu probable. Dieu à toutes les apparences d'une illusion consolatrice. Dieu est invraisemblable", soutient l'auteur de "Je dirai malgré tout que cette vie fut belle".

"Je ne prétends pas que Dieu existe: je n'en sais rien", conclut l'écrivain qui ajoute aussitôt: "je prétends qu'il peut exister. Je prétends que rien ne s'oppose à son existence. Je prétends qu'il a le droit d'exister". Ses derniers mots sont une invitation à rêver: "c'est comme un coin de ciel bleu au terme d'une journée plutôt sombre".

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