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Pas de réfugiés dans les cabanes Ikea: inflammables trop facilement

(Keystone-ATS) La ville de Zurich et le canton d’Argovie doivent renoncer à héberger des requérants d’asile dans des cabanes Ikea montées dans des halles. Ces installations d’urgence ne respectent pas les normes anti-incendie, indiquent les autorités vendredi.

Le test anti-incendie réalisé vendredi matin par l’assurance cantonale contre les incendies a révélé que les cabanes aux parois en plastique et au plafond en matières synthétiques prennent feu trop facilement. La sécurité des réfugiés ne serait donc pas garantie, informe la Ville de Zurich.

Montées, puis démontées

Les cabanes qui ont déjà été installées seront donc démontées. L’organisation AOZ, qui devait gérer l’hébergement de 250 réfugiés dans 62 cabanes dès le 4 janvier prochain dans une halle de la Foire de Zurich, doit désormais trouver une alternative pour loger les personnes concernées.

“Le résultat du test nous a surpris”, confie à l’ats le directeur des affaires sociales de la ville Raphael Golta (PS). Et de rappeler que les cabanes Ikea sont utilisées dans le monde entier. La Grèce les a notamment installées pour faire face au flux de réfugiés.

Expertises contradictoires

Le test anti-incendie de l’assurance cantonale s’est déroulé le matin même de la présentation des cabanes aux médias zurichois. Le Haut-Commissariat aux réfugiés (HCR), qui a conçu les cabanes en collaboration avec la Fondation Ikea, avait pourtant garanti que ces installations présentaient une protection suffisante contre les incendies.

Confortées en outre par les résultats favorables d’une expertise suédoise, les autorités zurichoises étaient parties du principe que les cabanes respectaient les normes. L’assurance cantonale contre les incendies a toutefois appris cette semaine l’existence d’une expertise allemande émettant des doutes sur les résultats de l’expertise menée en Suède. Elle a donc effectué son propre test.

“Mieux que des tentes”

“La sécurité des réfugiés est primordiale”, affirme Anja Klug directrice du Bureau du HCR pour la Suisse et le Liechtenstein. L’organisation attend maintenant les résultats écrits des tests menés en Suisse pour les comparer à ceux effectués en Suède. “Si nous décelons des problèmes, alors nous chercherons des solutions”, ajoute-t-elle.

Anja Klug rappelle toutefois que ces cabanes sont pensées comme des “maisons d’urgence, des solutions temporaires, que nous considérons comme meilleures que des tentes”.

Le projet argovien tombe à l’eau

Fin octobre, les cabanes Ikea avaient été présentées en première suisse en Argovie pour servir de centre d’urgence pour requérants d’asile. Le canton prévoyait d’en acquérir 200 pour héberger des réfugiés dans des halles industrielles.

Il avait choisi un premier site: les halles des ateliers d’entretien de l’autoroute A3 à Frick (AG). Trois cents personnes devaient y séjourner dès le printemps 2016.

Le Département argovien des affaires sociales a indiqué vendredi soir qu’il renonçait à ce projet, suite aux résultats négatifs du test anti-incendie réalisé à Zurich. Aucun autre canton n’avait encore prévu de monter de telles installations.

D’une capacité de cinq personnes chacune, les cabanes de 17,5 m2 ne disposent pas de fenêtres, mais de plusieurs bouches d’aération. Ces installations donnent accès à la lumière du jour, contrairement aux abris de la protection civile. Montées en une demi-journée, elles sont en outre peu coûteuses: 1200 francs par abri et 500 francs par lit et armoire.

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