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Pascal Couchepin appelle toutes les parties à la crise au Burundi à reprendre le dialogue sans condition. "Le pays est en danger", assure l'envoyé spécial de la secrétaire générale de la Francophonie pour les Grands Lacs, à l'issue d'une visite de quatre jours.

Le gouvernement du président Pierre Nkurunziza et l'opposition se disent prêts au dialogue, mais ce scénario recouvre des visions souvent différentes et la plupart des interlocuteurs posent des conditions préalables, a expliqué mercredi à l'ats l'ancien conseiller fédéral.

L'urgence est d'autant plus grande que la situation économique, qui s'est dégradée, pèse sur la population, dans un pays à la démographie galopante, où de nombreux jeunes arrivent sur le marché du travail. Sans détente, les difficultés politiques conjuguées aux problèmes sociaux "risquent de devenir explosifs", estime-t-il.

Stabilité essentielle pour la région

Parmi les scénarios envisagés, M. Couchepin évoque la poursuite des blocages, mais aussi l'éventualité que la présence au gouvernement de partisans de l'opposant Agathon Rwasa permette de renouer le dialogue.

"On ne peut pas et on ne doit pas envisager une issue violente. Ce serait dramatique pour l'ensemble de la région", martèle l'ancien président de la Confédération. La stabilité du Burundi est "essentielle" pour l'Afrique des Grands Lacs, qui intègre aussi le Rwanda, la République démocratique du Congo (RDC) et l'Ouganda.

Durant sa visite au Burundi, le Valaisan a rencontré notamment le numéro deux du gouvernement, le président de l'Assemblée nationale, des ministres et des personnalités des partis politiques et de la société civile. Mais pas M. Nkurunziza qui avait quitté la capitale Bujumbura pour une semaine d'action de grâces dans son village natal, à l'occasion de sa réélection.

Violences sans fin

L'ancien président de la Confédération, qui s'était déjà rendu au Burundi en juin, doit maintenant rendre un rapport à la secrétaire générale de la Francophonie Michaëlle Jean. Différentes mesures sont possibles, mais la communauté internationale "ne peut pas faire le travail à la place des Burundais et des Africains", a-t-il dit.

La Francophonie a placé en juillet le Burundi "sous observation". Le pays est plongé depuis fin avril dans une crise politique déclenchée par la volonté du président Nkurunziza de briguer un troisième mandat que ses adversaires jugent anticonstitutionnel.

Les violences n'ont pas cessé depuis la réélection du chef de l'Etat le 21 juillet, avec notamment l'assassinat du général Adolphe Nshimirimana, considéré comme le n°2 du régime, et de nombreux assassinats politiques touchant le camp présidentiel et l'opposition.

ATS