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Peine alourdie pour le mari accusé d'avoir assassiné sa femme

La Cour pénale du canton de Neuchâtel a prononcé une peine alourdie dans l'affaire de l'homme accusé d'avoir assassiné sa femme en 2015 (archives).

KEYSTONE/JEAN-CHRISTOPHE BOTT

(sda-ats)

La Cour pénale du canton de Neuchâtel a condamné jeudi l'homme accusé d'avoir assassiné sa femme en 2015 à La Chaux-de-Fonds à une peine de 20 ans de prison. L'individu avait écopé de 18 ans en première instance en juin dernier.

Lors du procès en appel tenu le 25 janvier à Neuchâtel, le procureur avait réclamé la réclusion à vie, alors que la défense avait plaidé l'acquittement. En première instance, le prévenu avait été reconnu coupable d'assassinat par le Tribunal criminel des Montagnes et du Val-de-Ruz.

L'affaire avait suscité un énorme émoi dans la région. Le corps nu d'une jeune femme portée disparue depuis le 6 janvier 2015 avait été retrouvé par des promeneurs le 14 mars dans une forêt près de Charquemont, en France voisine. Les enquêteurs ont très rapidement porté leurs soupçons sur le mari.

Coupable idéal

Lors du procès en appel, l'accusé a estimé avoir endossé dès le départ le rôle du coupable idéal. Evoquant ses aveux formulés en 2015, sur lesquels il était par la suite revenu, le prévenu a expliqué avoir été mal conseillé par son ancien mandataire. Pour le reste, il n'a pas répondu aux questions de l'accusation, laissant le soin à son collège d'avocats de présenter son argumentaire.

Dans son réquisitoire, le procureur neuchâtelois Daniel Hirsch a requis la réclusion à perpétuité. "Il a agi de manière atroce pour des mobiles purement égoïstes", a déclaré le représentant du Ministère public. "Comment peut-on lui accorder un soupçon de clémence", s'est interrogé le procureur qui a qualifié les aveux du prévenu d'explicites et de glaçants.

Daniel Hirsch a passé en revue les éléments qui accablaient selon lui le prévenu, un homme qu'il a dépeint comme un être menteur narcissique. L'accusé, de nationalité française, aurait agi afin de sauvegarder son image après que sa femme eut découvert qu'il lui dissimulait ses problèmes financiers et professionnels.

"Il tombe sous le sens que dès le début tout était ciblé sur le prévenu et qu'il avait du point de vue des enquêteurs le profil idéal", a déclaré Jacques Barillon, l'un des avocats du prévenu. Le mandataire genevois a remis en question les circonstances dans lesquelles l'accusé est passé aux aveux avant de se rétracter.

Noyée dans une baignoire

Selon l'acte d'accusation, le prévenu aurait étranglé son épouse jusqu'à ce qu'elle perde connaissance et qu'elle chute au sol. Il aurait ensuite rempli d'eau la baignoire pour y noyer sa victime. Le mari lui aurait rasé les cheveux "dans un geste d'humiliation".

Il aurait ensuite déplacé le corps jusqu'au parking souterrain de son immeuble et l'aurait mis dans le coffre de sa voiture. L'accusé a ensuite roulé jusqu'à la région de Charquemont où il a déposé le corps.

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