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Le corps de Motiur Rahman Nizami transporté hors de la prison centrale de Dacca

KEYSTONE/AP/A.M. AHAD

(sda-ats)

Des partisans du principal parti islamiste du Bangladesh ont affronté la police, mercredi, après la pendaison de leur chef. Ces affrontements avivent un peu plus les tensions alors que la cheffe de l'opposition est visée par un nouveau mandat d'arrêt.

Le président du parti islamiste Jamaat-e-Islam, Motiur Rahman Nizami, a été pendu dans la nuit de mardi à mercredi dans la prison centrale de Dacca, la capitale du pays. Son exécution est intervenue quelques jours après la confirmation de sa condamnation à mort pour crimes de guerre lors de la guerre d'indépendance de 1971 avec le Pakistan.

Dans la ville de Rajshahi (nord-ouest), des affrontements entre forces de l'ordre et sympathisants de Nizami ont eu lieu. "Quelque 500 partisans du Jamaat protestaient contre l'exécution. Nous avons répliqué avec des balles en caoutchouc quand ils sont devenus violents", a dit le responsable de la police de la ville, Selim Badsha. Vingt d'entre eux ont été arrêtés, précise-t-il.

Des heurts ont également opposé partisans du Jamaat et du parti au pouvoir à Chittagong. Dans cette ville du sud-est du Bangladesh, 2'500 islamistes participaient à une cérémonie en hommage au leader exécuté, a dit un responsable de la police de la ville, Masudul Hasan.

Surveillance étroite

Ancien ministre de 73 ans, M. Nizami est le cinquième dirigeant de l'opposition, et le plus connu, à avoir été exécuté depuis la création en 2010 du très controversé tribunal international des crimes du Bangladesh (ICT).

La police avait mis mardi matin en place des postes de contrôle sur les principales artères de Dacca pour empêcher toute éruption de violences. La surveillance était également très étroite dans le district d'origine de M. Nizami.

"Au moins 16 militants du Jamaat ont été arrêtés dans la nuit dans le cadre d'une opération de sécurité", selon le responsable de la police de ce district.

Dans un communiqué, le Jamaat a répété mercredi que les accusations visant Nizami étaient fausses et étaient destinées à éliminer la direction du parti. Le parti a lancé un appel à la grève générale pour jeudi afin de protester contre cette exécution. Des défenseurs de la laïcité ont en revanche salué la pendaison.

Coup dur

Par ailleurs, la cheffe du principal parti d'opposition du Bangladesh, Khaleda Zia, a été accusée mercredi par la police d'avoir organisé des incendies volontaires de deux bus lors d'un mouvement de protestation contre le gouvernement en 2015, sans faire de victimes. Khaleda Zia a été deux fois Premier ministre du pays.

Le Bangladesh s'était trouvé paralysé au début de l'an dernier lors d'une campagne lancée par l'opposition pour bloquer les transports dans le pays et forcer Mme Hasina à démissionner afin d'obtenir de nouvelles élections.

Ce mandat d'arrêt est un nouveau coup dur pour l'ancienne Premier ministre Zia. Elle avait déjà dénoncé les autres mandats d'arrêt lancés contre elle comme des manoeuvres politiques visant à la faire taire.

ATS