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Une centaine de partisans du Parti communiste philippin avaient manifesté près du palais présidentiel à Manille vendredi, deux jours avant la reprise des négociations de paix.

KEYSTONE/AP/BULLIT MARQUEZ

(sda-ats)

L'ouverture formelle des pouparlers de paix prévue dimanche aux Pays-Bas entre le gouvernement philippin et la rébellion communiste est reportée à lundi, ont annoncé les médiateurs. Ces négociations doivent tenter de mettre fin à des décennies de conflit.

Les deux délégations "travaillent toujours à l'élaboration du programme de la série" de discussions, a indiqué dimanche à l'AFP Helene Revhaug, responsable communication du Centre norvégien pour la Résolution des Conflits (NOREF), la Norvège étant pays médiateur.

Cette rencontre doit être la quatrième série de discussions entre Manille et le Front démocratique national, vitrine politique du Parti communiste philippin (PCP), qui se tiennent par intermittence depuis trente ans mais ont été relancées par le président Rodrigo Duterte à son entrée en fonction en juin.

La rébellion communiste, qui veut renverser le régime capitaliste dans l'archipel philippin, où les écarts entre riches et pauvres sont parmi les plus grands d'Asie, dure depuis 1968. Selon l'armée philippine, elle a fait 30'000 morts.

Appel à un cessez-le-feu

Lors d'une conversation téléphonique avec les négociateurs du gouvernement, M. Duterte a insisté sur les conditions préalables à un cessez-le-feu, a-t-il expliqué dimanche lors d'une conférence de presse.

Le président philippin refuse de reconnaître les revendications territoriales des communistes et exige des paramètres clairs au cessez-le-feu, la fin des activités d'extorsion et d'incendies criminels des communistes ainsi que la libération de tous les prisonniers, policiers et soldats, qu'ils détiennent.

"Les négociateurs ont demandé ma supervision", a-t-il déclaré, assurant ne pas apprécier, ni accepter plusieurs éléments qu'ils avançaient. "Mes objections sont contenues dans les quatre conditions que j'ai nommées."

Négociations déplacées aux Pays-Bas

Initialement prévue à Oslo, la rencontre a été déplacée en dernière minute à Noordwijk, ville à l'ouest des Pays-Bas non loin d'Utrecht où vivent en exil le négociateur rebelle Fidel Agcaoili et plusieurs chefs de la rebellion.

La première réunion avait eu lieu en août en Norvège après que le président philippin avait libéré les chefs de la rébellion. M. Duterte, qui se définit comme socialiste, a fait d'un accord de paix avec le mouvement une de ses priorités.

Mais il avait mis fin aux pourparlers de paix en février lorsque des soldats avaient été tués dans des attaques de la guérilla. Et début mars, il avait ordonné à la police et à l'armée d'accroître leurs attaques contre les rebelles à la suite d'une embuscade dans laquelle quatre policiers avaient péri.

ATS

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