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L'opération s'est produite sur l'île de Mindanao en proie depuis un mois à un soulèvement de djihadistes se réclamant de l'EI (image symbolique).

KEYSTONE/EPA/MARK NAVALES

(sda-ats)

Les islamistes qui avaient occupé une école et pris des otages mercredi dans le sud des Philippines ont pris la fuite. Leurs otages sont sains et saufs, a indiqué l'armée, qui combat depuis un mois des djihadistes ayant prêté allégeance au groupe Etat islamique (EI).

"Tout est fini, tous les otages ont été retrouvés, personne n'a été blessé", a indiqué le porte-parole de l'armée Restituto Padilla. Un représentant des forces armées sur place a fourni les mêmes informations.

Plusieurs centaines d'hommes armés avaient attaqué un village du sud des Philippines à l'aube, prenant le contrôle d'un poste militaire mal défendu avant que la majorité d'entre eux ne se replient. Mais d'autres avaient ensuite pris le contrôle de l'école, se servant de civils comme de boucliers humains et minant les alentours du bâtiment, selon l'armée.

Faction dissidente

Selon les porte-parole militaires, les islamistes ont profité de la nuit pour prendre la fuite, laissant leurs 31 otages, dont douze enfants, sains et saufs. Un responsable local avait auparavant fait état d'une vingtaine d'otages.

Cette attaque est survenue à Pigkawayan, localité agricole située à 160 km de Marawi, ville de l'île de Mindanao en proie depuis un mois à un soulèvement de djihadistes se réclamant de l'EI.

Le porte-parole de l'armée Restituto Padilla avait expliqué auparavant que les attaquants de Pigkawayan appartenaient aux Bangsamoro Islamic Freedom Fighters (Biff), faction dissidente du Front Moro islamique de libération (Milf).

Le Milf est le principal groupe rebelle musulman des Philippines avec lequel le gouvernement a lancé des négociations de paix. Le Biff est l'un des quatre groupes armés actifs dans le sud des Philippines qui se revendiquent de l'EI, selon des experts.

Desserrer l'étau sur Marawi

La police locale avait avancé que le Biff avait peut-être voulu faire diversion et desserrer l'étau sur les islamistes de Marawi.

D'après M. Padilla, les islamistes ont attaqué le poste militaire au lever du jour, échangé des tirs avec les soldats avant de battre en retraite, tactique habituelle des combattants du Biff. "C'est déjà résolu. L'ennemi s'est replié, il a échoué", avait-il dit en fin de matinée.

Mais quelques heures après, les militaires faisaient état de la prise d'otages dans l'école, puis d'affrontements sporadiques tout au long de la journée dans les environs du village. La maire de Pigkawayan Eliseo Garsesa a estimé que 200 islamistes avaient pris part à l'opération initiale.

Une guerre de 40 ans

Le sud à majorité musulman de l'archipel philippin, par ailleurs largement catholique, est le théâtre depuis plus de 40 ans d'une rébellion musulmane qui milite pour l'indépendance ou l'autonomie. Le conflit a fait plus de 120'000 morts.

Si les principales organisations musulmanes ont engagé des négociations de paix, voire signé des accords, de plus petits mouvements comme le Biff ont continué le combat.

Le président Rodrigo Duterte a décrété la loi martiale sur l'ensemble de Mindanao peu après le début le 23 mai de la mise à sac de Marawi où les bannières noires de l'EI ont été brandies.

Les forces philippines, qui peuvent compter sur l'appui de forces américaines non combattantes, notamment dans des tâches de surveillance aérienne, ne sont toujours pas parvenues à venir à bout des djihadistes. Les combats ont fait des centaines de morts et Marawi est en grande partie détruite.

Les djihadistes appartiennent vraisemblablement au groupe des frères Maute et à Abou Sayyaf, deux mouvements qui ont aussi prêté allégeance au groupe EI. L'armée affirme que des combattants étrangers venant notamment de la république russe de Tchétchénie, d'Indonésie ou de Malaisie ont rejoint les rangs des islamistes.

ATS