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Pique indirecte de Bachelet à la Suisse sur le Pacte des migrations

Michelle Bachelet sera contrairement la Suisse présente à Marrakech pour l'approbation du Pacte mondial sur les migrations.

KEYSTONE/EPA KEYSTONE/MARTIAL TREZZINI

(sda-ats)

La Haute commissaire aux droits de l'homme est "vraiment déçue" par les pays qui renoncent à s'associer au Pacte des migrations ou reportent leur décision, notamment la Suisse. Mercredi à Genève, Michelle Bachelet a dénoncé les dirigeants qui regardent les "sondages".

"Je suis vraiment déçue qu'autant de pays se désengagent du Pacte", a dit devant la presse l'ancienne présidente chilienne. "Certains des négociateurs ont été ceux qui ont dit ensuite qu'ils n'iraient pas" à Marrakech, a-t-elle déploré sans citer nommément la Suisse, au lendemain de sa rencontre à Berne avec le président de la Confédération Alain Berset.

"Au lieu de diriger, certains regardent les sondages" et la crainte face aux migrations. Or, après "de longs mois de négociations", le Pacte tente d'améliorer la collaboration sur cette question "de manière globale". Mme Bachelet appelle aussi à tenter de résoudre dans les pays d'origine les raisons qui poussent les migrants à se déplacer.

La Suisse avait cofacilité les discussions sur le Pacte. Le Conseil fédéral souhaitait s'associer au texte non contraignant mais a fini par reporter cette mesure en raison de réticences au Parlement. Seuls les Etats-Unis s'étaient déjà désolidarisés pendant les négociations. Ont notamment suivi la Hongrie, l'Autriche, l'Australie, la République tchèque, Israël, la Pologne, la Bulgarie et l'Estonie.

Prévue à Marrakech

La Chilienne fêtera les 70 ans de la Déclaration universelle à Marrakech où sera adopté lundi le Pacte. Outre le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres, plusieurs de ses prédécesseurs doivent également participer à la conférence intergouvernementale.

Mercredi, elle a aussi appelé à garantir les libertés fondamentales et le droit à manifester des gilets jaunes. Elle souhaite toutefois que les parties "renoncent à la violence".

Autre préoccupation, la Haute commissaire est "vraiment inquiète sur la situation à Deir Ezzor, en Syrie, où environ 7000 civils restent bloqués entre l'Etat islamique (EI) et les Forces démocratiques syriennes (FDS). Selon certaines indications, les djihadistes ont exécuté certaines personnes suspectées de collaboration avec des groupes armés.

Plus largement, la Chilienne dénonce "l'érosion du multilatéralisme" et certains reculs sur les droits de l'homme. Elle a ciblé comme son prédécesseur les politiques nationalistes. Les avancées sur le contenu de la Déclaration universelle des droits de l'homme sont "menacées", dit l'ancienne présidente chilienne. "Trop de dirigeants semblent oublier" les principes de ce document.

Symbole de ce décalage, les déclarations du président élu du Brésil Jair Bolsonaro sont contestées par Mme Bachelet. "Il y a eu une dictature au Brésil. Il y a eu des victimes. Et au Chili aussi", a insisté celle qui avait été torturée dans son pays. Elle s'en prend aussi à son souhait affiché de libéraliser le port d'armes et de sortir de l'Accord de Paris sur le climat. Mais elle attend de voir si le prochain chef d'Etat brésilien mettra en oeuvre ses déclarations.

Aucun pays "immunisé"

Mme Bachelet devait recevoir mercredi soir du Conseil municipal de Genève une brève déclaration réaffirmant l'attachement de la ville à la Déclaration universelle. Elle entamera ensuite une tournée de plusieurs jours dans différents pays pour célébrer ce 70e anniversaire avant de revenir pour une cérémonie sur le document mercredi prochain à Genève.

La Déclaration universelle "est même plus pertinente" qu'il y a 70 ans et le travail pour son application "est loin d'être terminé", selon la Haute commissaire. Face à ceux qui considèrent ce texte comme occidental, elle dit que des personnalités du monde entier, notamment des femmes, avaient contribué à son établissement.

Elle estime aussi que la Déclaration est en ligne avec les défis des nouvelles technologies. "Nous travaillons sur cela, pour voir comment ces technologies peuvent étendre les droits et non les diminuer", selon Mme Bachelet. Et d'affirmer encore qu'"aucun pays n'est immunisé" contre de possibles violations des droits de l'homme.

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