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Pour Greenpeace, l'IFSN "a sans doute enfreint la législation" en autorisant le redémarrage de la centrale de Leibstadt sans connaître la cause des dégâts constatés sur des barres combustibles (archives).

KEYSTONE/ALEXANDRA WEY

(sda-ats)

Greenpeace estime que l'Inspection fédérale de la sécurité nucléaire (IFSN) "a sans doute enfreint la législation en vigueur" en autorisant le redémarrage de la centrale nucléaire de Leibstadt (AG). L'organisation a porté plainte auprès du Conseil de l'IFSN.

L'IFSN a autorisé en février le redémarrage de la centrale de Leibstadt sans connaître la cause exacte des dégâts constatés sur 47 des 648 éléments combustibles qui constituent le coeur du réacteur, a indiqué vendredi Greenpeace. En portant plainte jeudi, l'organisation "pose la question de la légalité de cette décision".

Lors de la révision annuelle de la centrale de Leibstadt en août 2016, les experts ont constaté des traces d'oxydation sur 47 éléments combustibles du réacteur. L'IFSN a identifié des "dryouts", c'est-à-dire un assèchement dû au refroidissement insuffisant des barres combustibles, comme étant la cause de cette oxydation.

"Pas tolérable"

Pour Greenpeace, l'IFSN n'a pas expliqué "la cause exacte" de cette oxydation et "un refroidissement défaillant des barres combustibles n'est pas tolérable". Le but de la plainte est d'obliger l'IFSN à "clarifier ce qui n'a pas correctement fonctionné dans le cas de Leibstadt".

Dans sa plainte, Greenpeace relève "d'autres manquements". L'organisation cite notamment un phénomène d'assèchement du combustible déjà survenu en 2014 et qui n'a pas fait l'objet d'une analyse approfondie. La communication venant de l'IFSN est aussi jugée problématique: d'importantes informations ont "régulièrement été oubliées" et des déclarations sont "souvent contradictoires".

Surveillance et information

"Les négligences se sont accumulées dans une mesure inadmissible", selon Florian Kasser, spécialiste nucléaire de l'organisation cité dans le communiqué. "Cela montre que l'IFSN a une compréhension de la sécurité qui n'est pas acceptable". Dans sa plainte, Greenpeace prie le Conseil de l'IFSN de demander à l'IFSN de corriger sa pratique en matière de surveillance et d'informer complètement et de manière transparente sur ce qui s'est passé à Leibstadt.

En février déjà, 19 organisations, dont Greenpeace, ont écrit à la conseillère fédérale Doris Leuthard pour exiger que les problèmes techniques de la centrale soient clarifiés avant d'autoriser son redémarrage. Des réactions sont aussi venues de l'étranger: le land allemand du Bade-Wurtemberg et le land autrichien du Vorarlberg ont posé la même exigence.

ATS

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