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De nombreuses maisons ont été endommagées à Cizre (archives).

KEYSTONE/AP/EMRAH GUREL

(sda-ats)

L'ONU s'alarme de la situation à Cizre, dans le sud-est de la Turquie, où plus de 100 personnes auraient été brûlées vives récemment. Le Haut Commissaire aux droits de l'homme demande des investigations indépendantes.

De plus en plus d'éléments venant de sources crédibles montrent une action "extrêmement alarmante" des forces de sécurité durant le couvre-feu entre mi-décembre et mi-mars, a indiqué mardi à Genève Zeid Raad al-Hussein. Plus de 100 personnes auraient être brûlées vives dans trois sites.

M. Zeid a aussi reçu des éléments sur des exécutions de civils non armés par des tireurs embusqués ou des véhicules militaires. D'autres évoquent des destructions ou des occupations d'habitations, de la torture et d'autres mauvais traitements.

Ces allégations sont "extrêmement sérieuses" et demandent des investigations indépendantes, affirme le Haut Commissaire. La Turquie n'a pas répondu au souhait de l'ONU de pouvoir constater la situation dans la région.

Centaines de milliers de déplacés

M. Zeid condamne les actes terroristes de groupes affiliés au Parti des travailleurs kurdes (PKK). Mais les autorités doivent respecter les droits de l'homme et interdire la torture, les exécutions extrajudiciaires, l'utilisation disproportionnée d'armes léthales et les détentions arbitraires.

Selon des estimations, la situation a provoqué le déplacement de centaines de milliers de personnes. Aucun élément n'a été donné sur des zones comme Silopi, Nusaybin et la région de Diyarbakir, bouclées pendant plusieurs semaines par les forces de sécurité. Ce manque d'indications est "profondément inquiétant", affirme également M. Zeid qui demande à nouveau l'accès à cette région.

Il appelle aussi les autorités turques à garantir le retour des personnes qui ont été forcées à se déplacer. Elles doivent à l'avenir limiter la durée des couvre-feu et respecter leurs obligations humanitaires et en matière de droits de l'homme.

M. Zeid avait déjà demandé début février une enquête après la diffusion d'une vidéo qui montrait l'exécution d'un groupe de personnes non armées à Cizre. Des activistes kurdes et l'opposition avaient respectivement accusé le gouvernement d'avoir tué 300 kurdes et d'avoir perpétré un "massacre" qui avait été démenti par les autorités.

ATS