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L'hygiène à l'hôpital est primordiale. Les personnes âgées hospitalisées aux soins intensifs sont particulièrement exposées au risque de contracter une infection durant leur séjour à l'hôpital (archives).

KEYSTONE/JEAN-CHRISTOPHE BOTT

(sda-ats)

Plus de la moitié des infections contractées dans les hôpitaux pourraient être évitées. Deux ans avoir lancé une stratégie nationale pour les combattre, l'Office fédéral de la santé publique (OFSP) ne veut pas baisser la garde.

Selon une enquête réalisée en 2017 dans le cadre de la stratégie NOSO, les infections nosocomiales concernent près de 6% des patients en Suisse. Ce type d'études, mené la dernière fois auprès d'une centaine d'hôpitaux et 13'000 patients, sera répété ces prochaines années, ont annoncé vendredi l'OFSP et ses partenaires.

Il ne sera jamais possible d'éradiquer toutes les infections contractées dans un établissement de soins, a prévenu Daniel Koch, responsable de la division des maladies transmissibles de l'office fédéral. Et il ne s'agit pas de trouver des coupables, les patients concernés apportent parfois eux-mêmes les bactéries infectieuses à l'hôpital.

Mais les choses pourraient nettement s'améliorer. Selon les experts de Swissnoso, 35% à 55% des infections pourraient être évitées. C'est plus difficile pour les pneumonies et les infections du site chirurgical, mais plus de la moitié des infections de cathéters veineux ou d'infections urinaires pourraient disparaître.

Réduire les infections urinaires

Les cathéters urinaires sont posés de manière courante (350'000 par an) et parfois sans nécessité médicale. Un programme-pilote vise à réduire les sondes urinaires superflues. Non seulement elles devraient être posées uniquement pour des indications précises, par deux soignants s'exerçant régulièrement, mais elles devraient encore être contrôlées tous les jours et retirées dès que possible.

Une meilleure hygiène des mains du personnel hospitalier éviterait également de nombreux problèmes. Ce facteur est particulièrement important pour certaines infections postopératoires. Une installation mobile intitulée CleanHands a été mise sur pied pour favoriser les bonnes pratiques et cent hôpitaux l'utilisent déjà.

Les problèmes les plus fréquents sont liés aux infections du site chirurgical (29%). Une surveillance nationale du sujet existe depuis 2009 pour plusieurs types d'opération et permet aux établissements de se comparer entre eux.

Un module complémentaire de prévention sera proposé cette année à tous les hôpitaux disposant de leur propre service de chirurgie. Il se fonde sur trois mesures concrètes: le rasage, la désinfection préopératoire de la peau et la prophylaxie antibiotique. Surtout en raison du type de patients accueillis, le risque d'infection nosocomiale augmente avec la taille de l'hôpital.

Efforts dans les EMS

Les hôpitaux ne sont pas les seuls endroits à risque d'infections. Les EMS sont aussi concernés, même s'il n'existe pas encore d'étude standardisée concernant l'ampleur du phénomène. C'est beaucoup plus compliqué à mettre sur pied en raison de la diversité des structures, a expliqué M. Koch.

Les cantons n'ont pas attendu pour faire de la prévention, à l'image de l'exemple vaudois. Un programme spécifique y surveille par exemple la consommation de solution hydro-alcoolique, le taux de vaccination du personnel contre la grippe ou les septicémies.

Des campagnes et des modules de formation sont menés régulièrement et un site internet alimenté en continu (www.hcpi.ch). Selon l'infirmière responsable Monica Attinger, les infections les plus courantes en EMS sont les gastro-entérites liées à des norovirus ou les infections des voies pulmonaires issues du virus de la grippe.

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ATS