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Les syndicats dénoncent les suppressions de postes, le personnel ayant déjà fait les frais de précédents plans de sauvetage.

KEYSTONE/EPA ANSA/TELENEWS

(sda-ats)

La compagnie italienne Alitalia, qui entend supprimer plus de 2000 emplois dans le cadre d'une vaste réorganisation, était touchée mercredi par un mouvement de grève. Elle a dû annuler 60% de ses vols.

Lancé à l'appel de plusieurs syndicats, le mouvement n'entraînait néanmoins aucun chaos dans les aéroports italiens. La grève avait été largement anticipée par la compagnie qui a pu proposer des vols alternatifs à 92% des passagers, dont plus de la moitié ce mercredi.

Alitalia, qui subit de plein fouet la concurrence des compagnies à bas coût et accumule les pertes depuis des années, a annoncé mi-mars un nouveau plan de relance. Celui-ci prévoit 2037 suppressions de postes parmi le personnel au sol, ainsi qu'une réduction de salaires allant de 20% à 30% pour les pilotes, hôtesses de l'air et stewards.

"Les mesures relatives au personnel sont douloureuses, mais nécessaires (...) pour stabiliser la situation financière de la compagnie et en garantir la soutenabilité à long terme", a assuré Cramer Ball, le patron d'Alitalia, qui compte actuellement quelque 12'500 employés.

Mais les syndicats dénoncent ces coupes brutales, le personnel ayant déjà fait les frais de précédents plans de sauvetage. Tout en reconnaissant que "la crise à Alitalia est réelle", Nino Cortorillo, secrétaire national du syndicat Filt Cgil, a estimé qu'"une nouvelle réduction de l'activité, du personnel" n'était "pas la solution".

Discussions dans l'impasse

Les actionnaires de la compagnie (Etihad Airways, UniCredit, Intesa Sanpaolo, etc.) ont dit qu'ils ne financeraient le plan de relance que si les syndicats acceptaient le nouvel accord collectif de travail et les réductions d'effectifs. M. Cortorillo a estimé que ce présupposé constituait "un chantage" et non la base "d'une négociation" véritable.

Des tractations sont engagées depuis deux semaines, mais sans avancée pour le moment, malgré le rôle de médiateur joué par le gouvernement. Elles doivent s'accélérer dans les prochains jours. Car le temps presse: la trésorerie d'Alitalia devrait être à sec mi-avril.

ATS

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