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La part importante d'anciens commissaires européens et eurodéputés embauchés par des lobbies à Bruxelles auprès des institutions de l'UE doit inciter l'Union à se doter de règles éthiques plus strictes, selon l'ONG Transparency International (photo prétexte).

Keystone/EPA/STRINGER

(sda-ats)

La part importante d'anciens commissaires européens et eurodéputés embauchés par des lobbies à Bruxelles auprès des institutions de l'UE doit inciter l'Union à se doter de règles éthiques plus strictes. L'ONG Transparency International le dit mardi dans un rapport.

"Toutes les organisations peuvent bénéficier de l'expérience et de la connaissance approfondie apportées par d'anciens hommes ou femmes politiques, mais il y a un problème avec ceux qui une minute sont en train de faire les lois européennes et la suivante font pression sur leurs anciens collègues sur les mêmes dossiers", regrette Daniel Freund, de Transparency International, cité dans un communiqué. "Nous avons besoin de règles pour empêcher les conflits d'intérêt", ajoute-t-il.

Dans le sillage de l'indignation provoquée l'an passé par l'affaire Barroso - l'ancien président de la Commission européenne embauché par la banque d'investissement Goldman Sachs -, cette organisation spécialisée dans la lutte contre la corruption fait le point sur les relations entre politique et lobbies au sein de l'UE.

Selon son rapport, plus de 50% des anciens commissaires européens et un tiers d'anciens eurodéputés qui ont quitté la politique travaillent actuellement pour des organisations listées sur le registre de transparence de l'UE.

"Période de refroidissement"

La tendance dans l'Union se rapproche de la situation américaine, plus de la moitié des élus ayant quitté le Congrès s'étant reconvertis au sein de lobbies en 2012, contre 3% en 1974, notent les auteurs du rapport.

Prenant l'exemple d'anciens commissaires ayant travaillé sous la présidence Barroso entre 2010 et 2014, Transparency International souligne le parcours professionnel de certains partis chez ArcelorMittal, Uber, Bank of America ou encore Volkswagen.

Et dans le cas du géant américain Google, qualifié de groupe de pression "le plus influent à Bruxelles" avec un budget de 4,25 millions d'euros, l'étude montre que plus de la moitié des lobbyistes accrédités ont précédemment travaillé pour l'UE.

Transparency International préconise d'étendre de 18 mois à 3 ans la "période de refroidissement", au cours de laquelle les anciens commissaires doivent informer la Commission de leur intention de s'engager dans une nouvelle activité professionnelle, une idée déjà affirmée publiquement par le président actuel de l'exécutif européen, Jean-Claude Juncker.

Mais l'ONG souhaite également voir instaurer une période de refroidissement de cinq ans pour le président sortant. De même, les eurodéputés, qui n'ont aucune règle en la matière, devraient se voir imposer une période à la durée flexible, en fonction de la longueur du mandat effectué.

L'ONG exhorte enfin l'UE à se doter d'un organe indépendant pour s'assurer de la bonne application du code d'éthique, qui pourrait imposer "des sanctions crédibles".

ATS

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