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Le Parlement portugais a définitivement adopté mercredi un budget pour 2012 d'une rigueur draconienne. Il doit permettre au gouvernement de réduire les déficits du pays, sous assistance financière, au risque d'aggraver la récession et le mécontentement social.

"Ce budget est nécessaire pour rétablir la confiance des Portugais, des marchés et de nos partenaires internationaux", a déclaré le ministre des Finances Vitor Gaspar devant les députés.

Le budget a été approuvé grâce à la majorité confortable, dont la coalition de centre-droit dispose à l'Assemblée. Le Parti socialiste, principale formation d'opposition, favorable au plan d'aide international, s'est abstenu "pour défendre l'intérêt national", a indiqué son chef Antonio José Seguro.

Troisième pays de la zone euro, après la Grèce et l'Irlande, à faire appel à une aide exceptionnelle, le Portugal a obtenu en mai dernier du Fonds monétaire international et de l'Union européenne un prêt de 78 milliards d'euros. En échange il s'est engagé à mettre en oeuvre un vaste programme de rigueur et de réformes pour ramener le déficit, qui a atteint 9,8% du PIB en 2010, à 4,5% fin 2012.

Colère des syndicats

Le ministre des Finances a assuré que l'objectif de ramener le déficit à 5,9% du PIB cette année serait atteint, notamment grâce aux recettes extraordinaires provenant du transfert des fonds de pension des banques portugaises à la sécurité sociale et à l'Etat.

Toutefois les mesures d'austérité prévues pour l'an prochain, qui frappent principalement les fonctionnaires, ont provoqué une levée de boucliers des syndicats et des partis d'extrême gauche. Le mécontentement a culminé la semaine dernière avec une grève générale, ponctuée de manifestations dans tout le pays.

Le gouvernement portugais et la Commission européenne ont récemment revu à la baisse leur prévision de croissance pour 2012, avec une récession qui devrait s'établir à -3% du PIB, soit la plus mauvaise performance de l'UE.

ATS