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Novazzano-Marcetto, un des postes-frontières fermés durant la nuit pour une période-test de six mois (archives).

Keystone/KEYSTONE/TI-PRESS/BENEDETTO GALLI

(sda-ats)

L'ambassadeur de Suisse en Italie, Giancarlo Kessler, a été convoqué d'urgence au ministère italien des Affaires étrangères, à Rome. Il a été entendu au sujet de la fermeture nocturne de trois petits postes-frontières au Tessin, effective depuis samedi passé.

M. Kessler a rappelé qu'il s'agit d'une mesure temporaire, une phase-test de six mois, selon un communiqué du ministère italien dont l'agence italienne Ansa a fait état mardi soir. Une information confirmée à l'ats par le porte-parole du Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) Jean-Marc Crevoisier.

Les postes-frontières concernés sont ceux de Novazzano-Marcetto, Pedrinate et Ponte Cremenaga. Cité dans le communiqué italien, M. Kessler affirme que leur fermeture nocturne sera bientôt révisée dans le contexte du renforcement de la coopération entre les forces de sécurité, sur la base de l'accord existant entre les forces de police des deux pays.

Le projet pilote découle d'une motion de la conseillère nationale de la Lega Roberta Pantani. Durant cette phase de test, des informations seront récoltées sur les effets qu'une fermeture nocturne durable pourrait avoir. Des données seront notamment recueillies sur le trafic et la criminalité transfrontalière.

Du côté italien, cette mesure suscite l'incompréhension. Les communes frontalières n'ont même pas été informées, a déclaré récemment Guido Bertocchi, maire de la commune italienne frontalière de Bizzarone, interrogé par l'ats. Il confirmait une information du portail en ligne "Ticinonews".

Débats en Lombardie

Avec quatre autres collègues de la région, il a écrit une lettre de réclamation aux autorités italiennes concernées. Les magistrats y expliquent qu'une fermeture des postes entre 23h00 et 05h00 est "inefficace". Ils disposent de statistiques qui montrent que la criminalité transfrontalière se produit principalement entre 18h00 et 20h00.

Cette mesure a d'ailleurs été au centre de vifs débats au sein de Conseil régional lombard mardi. Contre la volonté des représentants de la Lega, l'exécutif s'est prononcé contre cette fermeture nocturne des postes-frontières, qui selon lui nuit aux frontaliers sans résoudre aucun problème de sécurité.

Casier judiciaire

Les interlocuteurs de M. Kessler ont profité de la rencontre de mardi pour évoquer un autre problème: depuis 2015, le Tessin exige le casier judiciaire des demandeurs de permis B et des frontaliers. Cette mesure, qui concerne uniquement les travailleurs transfrontaliers italiens, doit cesser au plus vite, dénonce le ministère italien dans son communiqué.

Comme l'a reconnu la partie suisse, les contrôles de casier judiciaire représentent une violation de l'accord sur la libre circulation, insiste le ministère italien. M. Kessler a assuré que la Suisse travaille à mettre fin à ces procédures ou à introduire des mesures qui seraient davantage euro-compatibles.

La Suisse a déjà reconnu que les contrôles de casier judiciaire contrevenaient à l'accord avec l'UE sur la libre circulation des personnes, mais le gouvernement tessinois les maintient malgré les critiques de Rome et de Bruxelles. Il a déjà publié à deux reprises des chiffres les justifiant, selon lui: de début 2015 à fin 2016, au total 53 autorisations de séjour n'auraient pas été délivrées grâce à eux.

ATS

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