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De 2003 à 2008, la mairie de Saint-Cyprien (sud-ouest de la France) a déboursé sept millions d'euros pour des oeuvres d'art. Ces chiffres, énumérés mardi au tribunal de Perpignan, reflètent la frénésie d'achats du maire de l'époque. Selon l'accusation, certaines oeuvres auraient été payées par l'homme d'affaires fribourgeois Damien Piller.

M. Piller fait partie des quinze prévenus qui sont jugés depuis jeudi dans cette affaire. Certains sont accusés de détournements de fonds au détriment de la commune, d'autres d'avoir versé des pots-de-vin en liquide ou en œuvres d'art pour s'ouvrir les portes des marchés publics de cette station balnéaire de 10'000 âmes.

"Qui a payé les tableaux achetés par (le maire Jacques) Bouille et sa femme, à qui appartiennent-ils vraiment?", a demandé le président du tribunal, Jean-Luc Dooms. Selon lui, "certains ont été achetés par des tiers", comme un agent immobilier ou l'artisan électricien "préféré" de la commune.

Le magistrat s'est notamment interrogé sur les 400'000 euros payés par Damien Piller pour dix tableaux, avec des bordereaux de propriété à géométrie variable entre la mairie, la famille du maire ou la société du Fribourgeois. "Pourquoi faire compliqué quand on peut faire simple?", s'est demandé le président.

Le promoteur et avocat suisse, qui réfute les accusations, affirme pour sa part que les tableaux achetés étaient destinés à un musée.

"Déliquescence ou incompétence ?"

La majeure partie des œuvres achetées au nom de la mairie n'ont toutefois pas été trouvées dans les musées où elles auraient dû être, mais au domicile ou au bureau du maire, ou même dans le poulailler de sa belle-mère. Une partie significative des œuvres a disparu, d'autres ont été trouvées lors de perquisitions sans que l'on sache d'où elles venaient.

Pour M. Dooms, on peut parler de "déliquescence, confusion organisée, désordre par négligence, incompétence". "Le débat devra dire lequel (de ces mots) doit être retenu et s'il a une qualification pénale", a-t-il dit.

M. Bouille, qui s'est suicidé en prison en 2009, et son épouse ont aussi dépensé à titre personnel 925'000 euros en œuvres d'art. Les achats ont été réalisés avec des fonds suffisamment suspects pour attirer l'attention de l'organisme antiblanchiment Tracfin. L'enquête a conclu à un véritable système de corruption mis en place par l'édile.

Enquête mise en doute

L'avocat d'un des prévenus, Jean-Robert Phung, estime pour sa part que la présence de la mairie de Saint-Cyprien parmi les parties civiles a "affecté la sincérité de l'enquête". La commune est dirigée depuis 2009 par l'UMP Thierry del Poso, l'un des premiers à dénoncer ces pratiques. Me Phung a obtenu satisfaction à sa demande de citer comme témoin les magistrats en charge de l'enquête.

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ATS