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La victoire de Paul Kagame ne semble faire aucun doute depuis le plébiscite par référendum en décembre 2015 - 98% des voix - d'une modification de la Constitution lui permettant potentiellement de diriger le pays jusqu'en 2034.

KEYSTONE/AP/JEROME DELAY

(sda-ats)

Les Rwandais ont afflué aux urnes vendredi et attendaient désormais le résultat d'un scrutin présidentiel promis à Paul Kagame. Ce dernier dirige le pays des mille collines d'une main de fer depuis 1994.

Visionnaire pour les uns, despote pour les autres, M. Kagame, 59 ans, brigue un troisième mandat de sept ans face à deux candidats passés quasiment inaperçus dans une campagne phagocytée par le Front patriotique rwandais (FPR), parti contrôlant toutes les sphères de la société de ce petit pays de la région des Grands Lacs.

Paul Kagame est l'homme fort du Rwanda depuis que le FPR a renversé en juillet 1994 le gouvernement extrémiste hutu. Ce dernier a déclenché un génocide qui a fait 800'000 morts entre avril et juillet 1994, essentiellement parmi la minorité tutsi.

Résultats complets samedi

Les bureaux de vote, installés dans des écoles et autres lieux publics, ont fermé vendredi vers 15h00 locales et suisse. Les premiers résultats étaient attendus vendredi soir avant une annonce probable des résultats complets samedi.

Dans la journée, le président de la Commission électorale Charles Munyaneza s'est félicité d'un "processus sans problème majeur". Il a évalué le taux de participation à 80% vers 13h00.

Concurrents inconnus

Le chef de l'Etat, salué pour avoir mis un terme au génocide, a voté vers 11h00 dans une école du centre de la capitale Kigali.

Dans ce même bureau de vote, un entrepreneur de 54 ans a illustré le fossé séparant M. Kagame de ses deux concurrents, louant l'ancien rebelle avant d'avouer ne pas connaître Frank Habineza, chef du seul parti d'opposition toléré au Rwanda (le Parti démocratique vert) et Philippe Mpayimana, candidat indépendant.

"Un homme exceptionnel"

Paul Kagame "a libéré le pays, il a stabilisé le pays, et maintenant on peut marcher dans tout le pays nuit et jour sans problème", a soutenu Jean-Baptiste Rutayisire. "Il a fait beaucoup pour le pays et il continue (...), c'est un homme exceptionnel".

En amont du scrutin, les concurrents de Paul Kagame s'étaient plaints de nombreuses difficultés, dont le peu de temps à leur disposition pour lever des fonds et faire campagne.

Lors d'un récent meeting, M. Habineza avait assuré que placarder les couleurs de son parti avait été un vrai défi: "On nous a dit qu'on ne pouvait pas mettre nos drapeaux là où le FPR avait mis les siens, mais malheureusement le FPR a mis les siens partout!".

Kagame jusqu'en 2034

La victoire de M. Kagame ne semble faire aucun doute depuis le plébiscite par référendum en décembre 2015 - 98% des voix - d'une modification de la Constitution, critiquée par les observateurs, lui permettant de briguer un nouveau mandat de 7 ans et potentiellement de diriger le pays jusqu'en 2034.

Il a d'abord été vice-président et ministre de la Défense, dirigeant de facto le pays, avant d'être élu président en 2000 par le Parlement. En 2003 et 2010, il a été reconduit au suffrage universel avec plus de 90% des voix.

Développement sans liberté

Paul Kagame est crédité du spectaculaire développement, principalement économique, d'un pays exsangue au sortir du génocide. Mais il est aussi accusé de bafouer la liberté d'expression et de réprimer toute opposition.

De nombreuses voix critiques ont été emprisonnées, forcées à l'exil et pour certaines assassinées. Selon Robert Mugabe, un des rares journalistes rwandais ouvertement critiques, "il n'y a pas d'élection au Rwanda, juste un couronnement".

ATS