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Prêt-à-porter: la holding de Camaïeu placée sous sauvegarde

En Suisse, Camaïeu est présent avec une dizaine de magasins (archives).

KEYSTONE/CHRISTOF SCHUERPF

(sda-ats)

La société Modacin, holding financière propriétaire de Camaïeu, a été mise sous sauvegarde par le tribunal de commerce de Lille, a-t-on appris lundi auprès d'une porte-parole du groupe, confirmant une information du Figaro.

La société a été placée sous sauvegarde le 15 octobre et un administrateur judiciaire a été nommé, a-t-on précisé de même source.

Cette procédure, "technique", "ne touche pas le quotidien de Camaïeu": c'est une "procédure qui vise à encadrer les discussions avec les créanciers" et "avoir un peu de respiration au niveau de la dette", a assuré à l'AFP une porte-parole de Camaïeu, précisant que cette dette s'élevait à environ 459 millions d'euros (525 millions de francs).

Selon une source proche du dossier, les créanciers de la société, trois fonds d'investissement anglais, étaient pourtant "prêts à supprimer la dette": au lieu de cela, "on lance une procédure de sauvegarde pour allonger la maturité de la dette".

En 2016, l'enseigne de prêt-à-porter avait signé avec ses créanciers un accord pour renégocier sa dette qui s'élevait alors à 1 milliard d'euros. La société française avait obtenu que la moitié de cette somme soit convertie en actions.

Cette procédure est semblable au redressement judiciaire, en ce qu'elle permet de suspendre le paiement de dettes de la part d'une entreprise en difficulté pour lui permettre de se relancer.

"Le tribunal va trancher en faveur des créanciers ou en faveur des actionnaires, mais derrière, il y aura une restructuration", craint la CGT de Camaïeu.

L'entreprise, dont le siège social est à Roubaix (Nord), a réalisé un chiffre d'affaires de 718 millions d'euros en 2017, contre 736 millions d'euros en 2016. "Mais si le chiffre d'affaires s'est replié, la rentabilité a progressé", a affirmé la porte-parole.

Crise du secteur de l'habillement

"Aujourd'hui, l'argent que gagne Camaïeu ne sert qu'à rembourser les intérêts de la dette", a souligné à l'AFP la source proche des créanciers, pour qui le "risque de suppression d'emplois et de fermeture de magasins", à présent que la procédure de sauvegarde est actée, est réel.

Elisabeth Cunin, présidente de la société depuis 2013, avait été remplacée cet été par son directeur financier Nicolas Woussen.

Fondée en 1984, l'entreprise s'appuie sur un réseau de 654 magasins en France et 248 à l'étranger, dont plusieurs en Suisse, et emploie 5100 personnes (4000 dans l'Hexagone), selon la porte-parole de Camaïeu. L'enseigne, comme nombre de ses concurrentes, fait face à la crise persistante du secteur de l'habillement.

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