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Michel Temer (arrière-plan, centre) a réuni son gouvernement pour la première fois.

KEYSTONE/EPA EFE/FERNANDO BIZERRA

(sda-ats)

Le nouveau gouvernement brésilien présidé par Michel Temer s'est mis au travail dès vendredi matin pour essayer de redresser le pays, englué dans une profonde crise économique. Ses premières mesures d'urgence étaient attendues dans la foulée.

"Nous avons peu de temps", a prévenu Michel Temer, du grand parti de centre-droit PMDB, lors de sa prise de fonction jeudi au palais présidentiel de Planalto. "Mais nous nous efforcerons de mettre en place les réformes dont le Brésil a besoin", a assuré l'ancien vice-président de Dilma Rousseff devenu son principal rival.

Son gouvernement était réuni pour la première fois vendredi matin, a annoncé sur Twitter Michel Temer en publiant une série de photos.

Dans la foulée, une conférence de presse du nouveau ministre des Finances Henrique Meirelles était attendue à 16h30. Il doit dévoiler des mesures choc pour tenter de sortir l'économie brésilienne de la pire récession depuis les années 1930.

Crédibilité en jeu

Après des mois d'agitation politique, le Sénat a décidé jeudi à l'aube l'ouverture d'un procès en destitution de Dilma Rousseff, l'impopulaire dirigeante de gauche accusée de maquillage des comptes publics. Avec ce vote à une très large majorité (55 voix sur 81 sénateurs), la présidente est écartée du pouvoir pour un maximum de six mois en attendant le jugement final du Sénat.

"Il est nécessaire de rétablir la crédibilité du Brésil sur la scène nationale et internationale", a déclaré Michel Temer en s'adressant à la nation, entouré de son gouvernement de redressement économique et d'inspiration libérale.

Cet avocat constitutionnaliste de 75 ans, aussi discret qu'habile politicien, a prôné des coupes budgétaires et des incitations à l'investissement pour combattre l'inflation élevée et la flambée du chômage.

Premières critiques

Parmi ses ministres, l'ex-président de la Banque centrale Henrique Meirelles est chargé du portefeuille des Finances et l'économiste José Serra, ex-gouverneur de Sao Paulo, a hérité des Affaires étrangères.

Mais, à peine formé, ce gouvernement est déjà la cible de critiques. Sur 24 ministres, aucune femme et aucune personne de couleur.

De leur côté, les marchés voient d'un bon oeil la nomination de M. Meirelles. C'est en effet lui qui a réussi, à la tête de la Banque centrale sous la présidence de Luiz Inacio Lula da Silva (2003-2010), à contenir l'inflation.

Faible crédibilité

Mais rien n'est gagné pour Michel Temer. Il devra composer avec une féroce opposition de gauche et les nombreux problèmes qui ont nui à Dilma Rousseff, dont une économie en déliquescence (contraction du PIB de 3,8% en 2015).

En outre, plusieurs de ses ministres et alliés politiques sont dans le collimateur de la justice pour corruption. Cela fragilise la crédibilité du nouveau président.

D'autant que son talon d'Achille reste la façon dont il est parvenu à la fonction suprême : sans passer par les urnes. M. Temer est crédité d'une très faible popularité et en cas d'élections, seuls 1% à 2% des Brésiliens voteraient pour lui, selon un récent sondage.

ATS