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Le géant du soda et d'autres groupes sont invités par une pétition signée par 260'000 personnes à partager leurs bénéfices issus de l'usage d'édulcorants dérivés de la Stévia avec les Guaranis, peuple du Paraguay qui a découvert il y a des siècles les propriétés de cette plante (Photo prétexte).

KEYSTONE/EPA ANP/BART MAAT

(sda-ats)

Des multinationales actives sur le marché des édulcorants issus de la stévia rencontrent mercredi à Paris des ONG luttant pour que les autochtones paraguayens qui ont découvert les propriétés de cette plante participent aux bénéfices. "Un premier pas important."

Face à la pression publique symbolisée par quelque 260'000 signatures de toute la planète réunies en moins de huit mois, Coca-Cola, un des principaux utilisateurs de dérivés de la stévia, a invité Public Eye et ses partenaires à ce dialogue, en présence de la faîtière mondiale des principales entreprises actives sur le marché. Le groupe s'était jusqu'à présent toujours refusé à entrer en matière, écrit Public Eye dans un communiqué.

Pour l'ONG, "il s'agit d'un premier pas important vers le respect de la Convention sur la diversité biologique et du Protocole de Nagoya, qui reconnaissent aux peuples autochtones le droit à une part juste et équitable des bénéfices découlant de l'utilisation commerciale de leur savoir". Coca-Cola lui-même se réfère aux savoirs traditionnels des Guaranis dans ses publicités, précise-t-elle.

Encourageant

Il est connu en effet que le savoir traditionnel des Guaranis, qui vivent dans les régions frontalières du Paraguay et du Brésil, est à la base de tous les édulcorants dérivés de la stévia. Des milliers de produits édulcorés aux glycosides de stéviol – des molécules obtenues à partir de la plante – sont déjà sur le marché, comme le Coca-Cola Life, les bonbons Ricola à la réglisse, l'eau ananas-pêche d'Henniez ou encore l'édulcorant SteviaSweet d'Assugrin.

Dans un communiqué mercredi, Public Eye indique que des ONG ont déjà rencontré, la semaine dernière, quelques-unes des principales entreprises actives sur le marché des édulcorants dérivés de la stévia. "Les résultats de ce dialogue informel sont encourageants", affirme l'ONG.

Premier groupe prêt

Ainsi certaines sociétés comme la Bâloise Evolva se sont déclarées prêtes à engager des négociations avec les Guaranis, précise Public Eye. Et de poursuivre dans son communiqué que les ONG espèrent qu'un premier groupe de ces dernières se constituera rapidement, avec la participation d'acteurs importants comme Cargill, Nestlé ou encore Coca-Cola.

De leur côté, les Guaranis n'attendent pas les bras croisés que l'argent leur tombe du ciel. Ils ont adopté il y a près d'un an sur un site sacré au Paraguay une déclaration dans laquelle ils dénoncent les multinationales qui tirent leurs profits de leur savoir et leur biodiversité et leur demande de s'asseoir à la table des négociations.

ATS

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