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Avant la passation de pouvoir prévue pour dimanche, M. Macron a commémoré lundi aux côtés du président socialiste sortant François Hollande la victoire du 8 mai 1945.

KEYSTONE/EPA AFP POOL/STEPHANE DE SAKUTIN / POOL

(sda-ats)

Après sa large victoire saluée en Europe, le jeune centriste Emmanuel Macron a fait lundi ses premiers pas de président élu. Il est déjà tourné vers la bataille cruciale des élections législatives dans une France profondément divisée.

Avant la passation de pouvoir prévue pour dimanche, M. Macron a commémoré lundi aux côtés du président socialiste sortant François Hollande la victoire du 8 mai 1945. M. Hollande qui achève un mandat de cinq ans , a dit ressentir "beaucoup d'émotion" à lui donner "la marche à suivre".

Elu avec 66,1% des voix, celui qui espère rassembler sous sa bannière les "progressistes républicains" a reconnu dimanche n'avoir pas reçu "un blanc-seing" des électeurs. Le scrutin a été marqué par une abstention record et un score historique pour l'extrême droite (onze millions de voix).

Chantiers majeurs

Des chantiers majeurs attendent Emmanuel Macron, entré en politique en 2012 après avoir été banquier d'affaires: endiguer un chômage endémique (10%), faire face à une forte menace terroriste et relancer une Europe affaiblie. Il prévoit à cet égard de se rendre en priorité à Berlin, selon son entourage.

Le patronat français a accueilli avec soulagement son élection. Il l'attend toutefois sur ses capacités de réforme, notamment le droit du travail qui constitue au contraire une ligne rouge pour nombre de syndicats.

En guise d'avertissement, plusieurs milliers de militants "anticapitalistes" ont manifesté dans l'après-midi à Paris pour montrer leur détermination à lutter contre toutes les "régressions sociales".

Sceller une majorité

M. Macron révélera après son investiture dimanche le nom de son Premier ministre. Celui-ci pourrait venir de la droite pour symboliser sa volonté de rassemblement, selon son entourage.

Emmanuel Macron a abandonné la présidence d' En Marche! dont Catherine Barbaroux est devenue présidente par intérim. Le mouvement sera renommé "La République en marche".

Le nouveau président sera vite confronté à un défi majeur: sceller une majorité claire aux législatives des 11 et 18 juin. Pour accroître ses chances de rassembler le plus largement, Emmanuel Macron a assoupli la règle qui imposait à un candidat investi par En Marche! de renoncer à son parti d'origine.

"Ils pourront garder leur attachement (à un parti politique) s'ils le souhaitent. Mais ils doivent s'engager à soutenir la majorité présidentielle", selon Christophe Castaner, porte-parole de M. Macron. Les candidats d'En Marche! devraient être investis dans chacune des 577 circonscriptions d'ici jeudi midi, selon Richard Ferrand, secrétaire général du mouvement.

Insatisfaction

La presse française soulignait la difficulté de la tâche, avec un mouvement jeune, sans expérience et sans implantation locale. Le quotidien de gauche Libération estime ainsi que "la forte abstention, malgré la menace de l'extrême droite, montre une insatisfaction vis-à-vis du nouveau président".

De fait, entre l'abstention record (25,44%) et un nombre historique de votes blancs et nuls (un peu plus de quatre millions), plus d'un Français sur trois a refusé le choix Macron/Le Pen.

Disqualifiés à l'issue du premier tour, le Parti socialiste et Les Républicains se réunissent chacun à partir de mardi pour tenter de surmonter leurs divisions et préparer leur revanche.

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ATS