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L'hôpital de Shenyang, où est hospitalisé le dissident Liu Xiaobo.

KEYSTONE/AP/NG HAN GUAN

(sda-ats)

La Chine a une nouvelle fois rejeté jeudi les pressions internationales pour qu'elle laisse partir le dissident Liu Xiaobo. Le Nobel de la paix se débat contre un cancer en phase terminale sur son lit d'hôpital.

Lors de son point de presse quotidien, le porte-parole de la diplomatie chinoise a paru agacé par les questions de la presse étrangère sur les pressions internationales en faveur de Liu Xiaobo.

"J'ai déjà répondu à cette question à plusieurs reprises. Je peux le répéter encore une fois: nous espérons que les pays concernés respectent la souveraineté de la justice chinoise et s'abstiennent de toute ingérence dans les affaires intérieures de la Chine sous prétexte de défendre un cas individuel", a déclaré Geng Shuang.

Les Etats-Unis et l'Allemagne ont appelé mercredi à la libération de M. Liu, après que l'établissement où il est soigné eut annoncé une "défaillance respiratoire" de l'opposant, semblant accroître la perspective d'un décès imminent.

L'opposant a fait savoir qu'il souhaitait être hospitalisé à l'étranger.

Inaccessible et sous surveillance

Semblant rejeter un acharnement thérapeutique, la famille du dissident a refusé qu'il soit intubé et placé sous respiration artificielle, a rapporté mercredi l'Hôpital universitaire N°1 de Shenyang (nord-est de la Chine) où il a été admis.

L'établissement a indiqué ces derniers jours que le dissident était dans un état "critique", que ses fonctions hépatiques continuaient à se détériorer et qu'il souffrait d'une défaillance d'organes. Pékin affirme ainsi que l'état de Liu Xiaobo lui interdit toute évacuation, contrairement à ce qu'ont affirmé dimanche deux médecins américain et allemand admis à son chevet.

Sur place, les autorités n'ont pas voulu dire où se trouvait la chambre du dissident, mais au moins cinq policiers gardaient jeudi les accès au service d'oncologie de l'hôpital de Shenyang. Plusieurs autres étaient visibles à l'intérieur comme à l'extérieur du bâtiment.

Mise en doute

Des défenseurs des droits de l'homme mettent en doute la sincérité des rapports médicaux des autorités, les soupçonnant de peindre un tableau alarmiste afin de justifier leur refus de le laisser partir.

Le site internet de l'établissement reste l'unique source d'informations sur l'état de santé du dissident, dont le nom est tabou en Chine.

Sa femme Liu Xia est à ses côtés à l'hôpital. Mais elle ne peut être jointe par les médias, car elle est placée en résidence surveillée par les autorités depuis 2010.

Première depuis 1938

"Nous restons inquiets du fait que M. Liu et sa famille ne sont pas en mesure de communiquer avec le monde extérieur et qu'il ne soit pas libre de choisir son traitement médical", a déclaré mercredi la porte-parole de la Maison Blanche, Sarah Huckabee Sanders.

L'Allemagne de son côté s'est déclarée une nouvelle fois "prête à accueillir et à apporter des soins médicaux" au dissident.

La présidente de Taïwan, Tsai Ing-wen, a également exhorté Pékin à libérer le prix Nobel et réitéré sa proposition de le soigner sur l'île rivale, que la Chine considère comme une de ses provinces.

S'il devait perdre la vie en Chine, Liu Xiaobo deviendrait le premier prix Nobel de la paix à mourir privé de liberté depuis le pacifiste allemand Carl von Ossietzky, décédé en 1938 dans un hôpital alors qu'il était détenu par les nazis.

ATS