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Recadré par le Premier ministre Edouard Philippe, François Bayrou a campé sur ses positions (archives).

KEYSTONE/AP/CHRISTOPHE ENA

(sda-ats)

Le Premier ministre français Edouard Philippe a rappelé mardi son ministre de la Justice François Bayrou à son devoir d'exemplarité. M. Bayrou est accusé d'avoir tenté de faire pression sur Radio France.

Le ministre de la justice avait appelé la semaine dernière un des directeurs de Radio France pour se plaindre des appels de ses journalistes à des collaboratrices de son parti, le MoDem. Cet appel est intervenu quelques heures avant la diffusion d'une enquête sur les emplois d'assistants parlementaires d'eurodéputés de son parti.

Le ministre de la Justice avait affirmé avoir appelé en tant que "citoyen", estimant que cela n'avait "rien à voir" avec sa fonction. Le directeur des enquêtes et de l'investigation de Radio France, Jacques Monin, a dénoncé une "pression" et Dominique Pradalié, la secrétaire nationale du SNJ, premier syndicat chez les journalistes, a évoqué une "petite affaire d'Etat".

Une enquête préliminaire a été ouverte vendredi pour des soupçons d'emplois fictifs de plusieurs attachés parlementaires du parti centriste de M. Bayrou au Parlement européen.

"Je comprends parfaitement que l'homme François Bayrou ait été agacé peut-être (...) par la façon dont les questions étaient posées, avec beaucoup de pression probablement, sur des gens qui ne s'y attendaient pas", a affirmé le chef du gouvernement, interrogé sur franceinfo.

Et d'ajouter: "Il se trouve que, quand on est ministre, on n'est plus simplement un homme animé par ses passions ou sa mauvaise humeur, ou par son indignation". "Le truc est assez simple: quand on est ministre, on ne peut plus réagir comme quand on est un simple citoyen".

"Je le dirai"

Mais le ministre de la Justice est resté sur ses positions. "Chaque fois qu'il y aura quelque chose à dire à des Français, des responsables, qu'ils soient politiques, qu'ils soient journalistiques, qu'ils soient médiatiques, chaque fois qu'il y aura quelque chose à dire, je le dirai", a répondu François Bayrou devant la presse lors d'un déplacement.

Il a assuré avoir toujours "défendu" la liberté de la presse mais, a-t-il ajouté, "il faut aussi qu'il puisse y avoir le rappel d'un certain nombre de convictions civiques que nous devons partager tous".

"Quand il y a quelque chose à dire, on le dit. On le dit simplement, on le dit sans aucune pression, mais on le dit. Pour que le dialogue civique entre journalistes et responsables et citoyens soit un dialogue franc", a-t-il insisté.

Une première

C'est la première fois qu'un membre du gouvernement critique ouvertement François Bayrou. Soutien de poids d'Emmanuel Macron, il est chargé, qui plus est, de rédiger un projet de loi sur la moralisation de la vie publique.

Edouard Philippe a néanmoins esquivé les questions des journalistes lui demandant s'il en avait parlé directement avec son ministre. "Je pense qu'il a parfaitement conscience de ça", a-t-il seulement répondu à plusieurs reprises.

Le Premier ministre s'est en outre défendu de vouloir "brimer la presse" au sujet de la plainte déposée vendredi par le ministère du Travail contre X, suite à des révélations dans Libération. Il a mis en avant que la plainte émanait de l'administration et n'était "en aucun cas dirigée contre la presse".

ATS

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