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L'un des accusés à son arrivée mercredi au tribunal de Dresde, dans l'est de l'Allemagne

KEYSTONE/AP dpa/SEBASTIAN KAHNERT

(sda-ats)

Huit membres d'un groupuscule allemand d'extrême droite ont été condamnés mercredi à des peines de 4 à 10 ans de prison pour des attaques jugées "terroristes" contre des réfugiés en 2015, en pleine crise migratoire. Les agressions ont eu lieu en Saxe, fief de Pegida.

Le tribunal de Dresde, dans l'est de l'Allemagne, a estimé que les accusés, sept hommes et une femme âgés aujourd'hui de 20 à 40 ans, étaient les membres "d'une organisation terroriste", le "Groupe Freital" du nom de cette localité de Saxe où ont eu lieu la plupart des attaques. Plusieurs accusés avaient reconnu les faits et s'étaient excusés, tout en rejetant le qualificatif de terrorisme.

Le cerveau supposé du groupe, Timo Schulz, un conducteur de bus qui s'est tu pendant le procès, a été condamné à la peine la plus lourde, 10 ans de détention. Patrick Festing, un livreur de pizza devenu l'expert en explosif du groupe, s'est dit "désolé" au procès mais a tout de même été condamné à neuf ans et demi de réclusion.

La seule femme, Maria Kleinert, s'est vu infliger de son côté une peine de cinq ans et demi. Lors du procès, elle avait esquissé un début de mea culpa et affirmé avoir elle-même "souffert de discrimination et d'exclusion" en raison de son homosexualité.

Le parquet avait requis cinq à onze ans de prison contre les huit accusés pour "constitution d'une entreprise terroriste", "tentative de meurtre" et "blessures corporelles" après cinq attentats à l'explosif menés entre juillet et novembre 2015 contre des foyers de réfugiés et des militants de gauche.

Un seul demandeur d'asile avait été blessé lors de cette série d'attaques menée au pic de l'afflux de plus d'un million de migrants enregistré par l'Allemagne en 2015 et 2016. Le groupe avait aussi plastiqué la voiture d'un élu du parti de gauche radicale Die Linke.

Climat de peur

"Ils ont voulu créer un climat de peur et de violence", a martelé pendant le procès le procureur Jörn Hauschild. "Ceux qui ont des opinions différentes devaient être intimidés et les étrangers poussés à quitter le territoire", avait ajouté le magistrat.

Selon l'accusation, ces extrémistes étaient parfaitement conscients du risque létal de leurs actions. Les faits se sont tous déroulés en Saxe, berceau du mouvement islamophobe et anti-réfugiés Pegida qui était alors l'épicentre de l'hostilité aux migrants. Et le groupuscule Freital faisait les gros titres pour ses manifestations houleuses, émaillées de slogans racistes et de saluts hitlériens.

Ironie de cette affaire, le procès s'est tenu mercredi sous haute surveillance dans une salle spéciale aménagée dans un bâtiment qui devait accueillir des réfugiés.

Xénophobes dans l'âme

Les membres du groupuscule étaient soudés par leur xénophobie, selon l'accusation. Si leurs avocats n'ont pas contesté les faits, ils rejetaient toute intention terroriste, affirmant que les attaques étaient "spontanées".

Dans le sillage de l'arrivée de centaines de milliers de demandeurs d'asile, les attaques contre les réfugiés ou les foyers de demandeurs d'asile s'étaient multipliées en Allemagne. En 2017, 2219 attaques contre les réfugiés ou des foyers de demandeurs d'asile ont été recensées, en baisse néanmoins par rapport aux 3500 enregistrées en 2016.

Dans le seul Etat-région de Saxe, qui représente 5% de la population allemande, l'association d'aide aux victimes RAA a dénombré 437 agressions racistes en 2016, après un total de 477 en 2015.

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ATS