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Prison requise contre les agresseurs présumés de la mosquée An'Nur

Les prévenus sont accusés d'avoir agressé deux fidèles dans la mosquée An'Nur de Winterthour (ZH), aujourd'hui fermée, auxquels ils reprochaient d'avoir transmis des informations sur un imam à un journaliste.

KEYSTONE/WALTER BIERI

(sda-ats)

Au deuxième jour du procès des dix agresseurs présumés de deux fidèles dans la mosquée An'Nur à Winterthour (ZH), la procureure a requis mardi des peines de prison partiellement fermes et des renvois. Les avocats des prévenus ont, eux, rejeté les accusations.

Les huit jeunes musulmans, l'ancien imam de la mosquée et le président de l'association An'Nur, aujourd'hui dissoute, sont accusés d'avoir frappé, séquestré et menacé de mort deux fidèles en novembre 2016. Motif: ils avaient fourni des informations à un journaliste sur un imam éthiopien qui avait tenu un prêche haineux. Sur la base de ces informations, ce dernier a été condamné en 2017 à 18 mois de prison avec sursis et à une expulsion de dix ans.

Devant le Tribunal de district de Winterthour, la représentante du Ministère public a réclamé dans son réquisitoire des peines de prison partiellement ferme allant jusqu'à trois ans. Elle demande en outre que les accusés étrangers soient exclus du pays durant dix ans.

Au premier jour du procès lundi, lors de leur comparution, les accusés concernés ont qualifié cette mesure de "peine de mort". La Suisse est leur patrie, ont-ils dit. Mais la procureure exclut un cas de rigueur qui empêcherait leur expulsion. Même l'accusé afghan pourrait être renvoyé chez lui. La capitale de l'Afghanistan, Kaboul, est désormais considérée comme sûre, selon elle.

Envoyer un signal fort

"Nous menons un procès contre des gens qui placent leur religion au-dessus du système juridique de ce pays", a déclaré la procureure. Cela n'est pas acceptable, a-t-elle ajouté. Il n'y a pas de place en Suisse pour un système de l'ombre. Ni pour l'auto-justice. Il s'agit donc d'envoyer un signal fort.

Pour la magistrate, l'imam de la mosquée et le président de l'association An'Nur, auraient pu, en tant que personnes respectées, calmer la "foule agressive". Mais ils ne l'ont pas fait. Au lieu de cela, ils ont enfermé les deux fidèles dans un bureau et leur ont extorqué des aveux qu'ils ont enregistrés.

Le Ministère public juge invraisemblables les récits des prévenus, qui ont clamé lundi leur innocence, assurant qu'il n'y avait eu ni menace, ni violence et disant uniquement avoir parlé avec les plaignants. Un accusé a aussi admis avoir insulté l'un d'eux et lui avoir craché dessus. Les deux premiers avocats de la défense à avoir prononcé leur plaidoyer, mardi après-midi, ont tenu la même ligne et tenté de discréditer l'accusation.

"Etat psychotraumatique aigu"

Rien ne permet de penser que les victimes mentent, selon la procureure. Un certificat médical atteste pour les deux "un état psychotraumatique aigu". L'une d'elles a de plus subi un traumatisme crânien à la suite d'un coup de poing. L'accusé qui en serait responsable a avancé lundi que la victime s'était probablement frappée elle-même. Ou alors que la blessure datait d'avant.

Comme élément de preuve, l'accusation a notamment fait état du SMS que l'une des victimes a envoyé depuis les toilettes à la police: "Urgent, please urgent! Moschee Winterthur, they kill my friend." ("Urgent, s'il vous plaît, urgent! Ils tuent mon ami à la mosquée de Winterthour.")

Une policière qui s'est occupée des deux victimes a témoigné dans un procès-verbal n'avoir jamais vu des personnes autant apeurées durant toute sa carrière. La peur se lisait dans leur regard, selon elle.

Programme de protection

La personne qui a subi la commotion en souffre encore, a dit son avocat mardi dans son plaidoyer. Elle bénéficie toujours d'un programme de protection de la police, a changé sept fois de logement et ne se sent toujours pas en sécurité chez elle, craignant des représailles.

Le procès se poursuivra mercredi avec la suite des plaidoiries des avocats de la défense. Le jugement sera rendu le 23 octobre.

Mosquée fermée

La mosquée An'Nur a fait plusieurs fois les gros titres, notamment en lien avec des voyageurs du djihad. Plusieurs jeunes la fréquentant seraient partis en Syrie pour rejoindre les rangs du groupe terroriste Etat Islamique.

Par la suite, la société immobilière propriétaire des locaux de la mosquée a mis fin au bail. L'association An'Nur, ne trouvant pas de nouvel endroit, s'est dissoute en été 2017.

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