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Le juge T.S Ellis qui préside le procès pour fraudes bancaire et fiscale de l'ex-chef de campagne de Donald Trump est sous protection policière après avoir reçu des menaces. Il a refusé de révéler les noms des 12 jurés (archives).

KEYSTONE/FR31454 AP/DANA VERKOUTEREN

(sda-ats)

Donald Trump a dénoncé vendredi "un jour très triste" en référence au procès pour fraudes bancaire et fiscale de son ex-chef de campagne Paul Manafort dont les délibérations se poursuivent. Le juge dans cette affaire a lui déclaré avoir reçu des menaces.

Lors d'une audience publique, le juge T.S Ellis, du tribunal d'Alexandria, en banlieue de Washington, a confié être sous la protection de la police. Le magistrat a indiqué qu'il ne rendrait pas public les noms des jurés, comme le lui demandaient des journalistes, par crainte pour "leur tranquillité et leur sécurité".

"Je n'imaginais pas que cette affaire susciterait de telles émotions. Je ne me sentirais pas bien si je donnais leurs noms", a-t-il déclaré devant le tribunal. "J'ai reçu des critiques et des menaces, je peux imaginer que eux aussi en recevraient", a-t-il répondu en rejetant cette demande. Il a ajouté que certains documents liés au procès avaient été placés sous scellés pour éviter toute interférence dans l'enquête.

Au deuxième jour des délibérations, le verdict ne semblait pas imminent. Les 12 jurés ont demandé dans l'après-midi, pour des raisons personnelles, de pouvoir écourter leur réunion à huis clos dès 17h00 (23h00 en Suisse) et à la poursuivre lundi. Le juge a accepté.

"Chasse aux sorcières"

Signe de l'intérêt pour ce procès ultra-médiatique: le président américain n'a pas hésité à critiquer publiquement vendredi dans des termes forts la procédure en cours.

"C'est un jour très triste pour notre pays", a-t-il affirmé à propos du premier procès émanant de l'enquête du procureur spécial Robert Mueller sur les soupçons de collusion en 2016 entre son équipe de campagne et Moscou. Ce dossier n'est qu'une "chasse aux sorcières", a encore martelé Donald Trump.

Il porte sur les millions de dollars gagnés par Paul Manafort, aujourd'hui âgé de 69 ans, pour son travail de consultant politique auprès de politiciens pro-russes en Ukraine. Parmi ses clients figurait notamment l'ex-président Viktor Ianoukovitch qu'il a conseillé lors de sa campagne électorale victorieuse en 2010

Ces faits concernent donc ses finances personnelles et ne sont pas liés aux soupçons de collusion, mais ils ont été découverts au cours des investigations de l'équipe Mueller.

De mai à août 2016

"C'est très triste ce qu'ils ont fait à Paul Manafort", a encore affirmé Donald Trump devant des journalistes, alors que son ex-conseiller risque de finir sa vie en prison. Interrogé sur la possibilité d'une grâce présidentielle en cas de condamnation, il a répondu: "Je n'en parle pas".

Paul Manafort "a travaillé pour moi pour une très courte période", a réaffirmé Donald Trump, assurant que c'était "quelqu'un de très bien". Ex-consultant républicain très renommé à Washington, Paul Manafort fut son chef de campagne pendant une période-clé, entre mai et août 2016.

Incarcéré, le lobbyste est apparu plus fatigué vendredi lors des audiences publiques, mais toujours vêtu d'un élégant costume.

18 chefs d'inculpation

Après 12 jours de témoignages, les jurés doivent maintenant trancher, à l'unanimité, sur 18 chefs d'inculpation.

Les procureurs accusent M. Manafort d'avoir sciemment contourné les lois pour s'enrichir en fraudant le fisc américain, puis d'avoir présenté de fausses déclarations à des banques pour obtenir des prêts, lorsque ses revenus se sont asséchés, après la fuite de Viktor Ianoukovitch d'Ukraine en 2014.

Entre 2010 et 2014, il contrôlait 31 comptes non déclarés à l'étranger, par lesquels sont passés plus de 60 millions de dollars, selon les procureurs.

La défense le présente comme un professionnel trop occupé pour s'occuper du menu détail de ses comptes et blâme un ex-adjoint, Rick Gates, témoin vedette du procès. Ce dernier, âgé de 46 ans, a plaidé coupable et coopère avec l'équipe Mueller. La défense a attaqué de front sa crédibilité.

Pas d'accord

Parmi la trentaine d'individus déjà visés par Robert Mueller, Paul Manafort est le seul Américain à avoir refusé de passer un accord avec la justice pour éviter un procès.

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ATS