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Les parents de quatre jeunes filles excisées en France ont été condamnés vendredi à deux ans de prison ferme pour le père et 18 mois pour la mère. Six et huit ans de prison ferme avaient été requis à l'encontre de cet homme et cette femme d'origine guinéenne.

Le couple est arrivé en France à la fin des années 1980 et était poursuivi pour "complicité de violence volontaire ayant entraîné une mutilation sur une mineure de moins de quinze ans par un ascendant". Reconnus coupables par la cour d'assises de Nevers, au centre de la France, ils ont écopé de cinq ans de prison, dont trois ans avec sursis, pour le père, et de quatre ans, dont trente mois avec sursis, pour la mère.

"Ils seront convoqués par le juge d'application des peines qui verra en fonction des éléments familiaux dans quelle mesure la peine peut être aménagée. Il n'est pas certain que Monsieur et Madame aillent en prison", a précisé le président du tribunal.

"Le risque existe encore"

Durant son réquisitoire, l'avocat général Axel Schneider a estimé qu'"une condamnation qui ne serait pas assortie d'une peine ferme" n'aurait "aucun sens". "Je ne réclame pas un symbole" mais "le risque existe encore" pour la plus jeune des filles, victime d'un début d'excision en 2009, a-t-il relevé.

"Au nom de quoi les parents ont pu s'approprier une partie de leurs enfants?", s'est demandée pour sa part l'avocate des deux cadettes de onze et treize ans, Me Nathalie Bouvier-Longeville. Les deux aînées de 18 et 20 ans n'ont pas renouvelé leur constitution de partie civile à leur majorité.

Mardi, les deux aînées avaient défendu leurs parents, la plus âgée disant même "ne pas comprendre pourquoi ils se retrouvaient au tribunal". Entre deux sanglots, la mère a dit regretter ce qui s'était passé. "Aujourd'hui, je serais moins passive. L'excision ce n'est pas bien", a-t-elle poursuivi.

ATS