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Procès en appel du père incestueux condamné à 18 ans

Fin septembre, l'ancien juge fédéral Claude Rouiller avait critiqué les carences de l'Etat dans cette affaire (archives).

KEYSTONE/VALENTIN FLAURAUD

(sda-ats)

A la surprise générale, le Vaudois de 42 ans ne nie plus avoir abusé et frappé ses huit enfants durant onze ans - à l’exception d'une accusation de viol. Il comparaît lundi en appel devant le Tribunal cantonal vaudois.

"J’en ai marre de tout ça: je n’ai plus envie de me battre, plus envie de vivre", a déclaré le Vaudois qui n'a plus de barbe. "Que je dise la vérité ou pas, ça ne change rien, on ne me croit pas. Alors je préfère dire que j’ai fait tout ça". Et de saluer "le courage" de ses enfants d’avoir déposé contre lui.

Contrairement à la déclaration d’appel rédigée par ses avocats, il dit admettre la quasi-intégralité des accusations dont il fait l'objet. A l’exception d'un viol présumé sur une de ses filles, il y a deux ans, dans un hôtel de Moudon (VD).

Condamné pour inceste

Le procès en appel du quadragénaire s'est ouvert lundi après-midi devant la Cour d'appel du Tribunal vaudois. En première instance, en mars dernier, l'homme avait été reconnu coupable d’inceste, viol, contrainte sexuelle, pornographie, lésions corporelles simples et violation du devoir d’éducation à l’encontre de ses enfants.

Condamné à 18 ans de prison par le Tribunal criminel de la Broye et du Nord vaudois, le père abuseur au risque de récidive jugé élevé est seul à comparaître. Son épouse du même âge a accepté sa peine de 3 ans de réclusion - dont six mois ferme - pour complicité d’inceste et pour avoir lourdement frappé ses enfants. La sanction de cette mère de famille avait été assortie d’une obligation de suivi, ainsi que d’une interdiction d’activités avec des mineurs.

Retard intellectuel

Rentier AI depuis ses 20 ans en raison d’un retard intellectuel, le recourant - qui avait traité ses enfants de menteurs au cours du premier procès - a été interrogé par la présidente Sandra Rouleau. Le procès se poursuit avec les plaidoiries des parties et le nouveau réquisitoire du procureur Christian Maire.

Mandaté comme expert par le Conseil d’Etat, l’ancien juge fédéral Claude Rouiller a présenté il y a deux semaines un rapport révélant de graves manquements du Service vaudois de protection de la jeunesse (SPJ) et de la justice de paix dans cette affaire. Une curatelle d’assistance éducative avait été mise en place pour tous les enfants du couple depuis 1997. Elle n'a pas suffi à les protéger.

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