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Benjamin Netanyahu et Donald Trump lors de leur conférence de presse à la Maison blanche.

KEYSTONE/EPA/MICHAEL REYNOLDS

(sda-ats)

Donald Trump s'est engagé mercredi à soutenir l'objectif d'un accord de paix entre Israéliens et Palestiniens. Il a toutefois estimé que la "la solution à deux Etats" n'est plus la seule voie possible et examine un transfert de l'ambassade américaine à Jérusalem.

Recevant pour la première fois à la Maison blanche le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, Donald Trump a réaffirmé la ligne traditionnelle préconisée à Washington, à savoir que les Etats-Unis encourageront un accord de paix entre Israéliens et Palestiniens.

"Nous allons y travailler de manière très diligente", a-t-il dit lors d'une conférence de presse, sans offrir de nouvelles perspectives. "Mais il incombe aux parties elles-mêmes de négocier directement un tel accord".

"Occasion sans précédent"

"Je regarde la solution à un Etat, et la solution à deux Etats (...) et je me contenterai de ce que les deux parties préfèrent", a-t-il ajouté. A ses côtés, Benjamin Netanyahu s'est dit disposé à aborder le dossier "en substance" et non par le biais "d'annonces".

M. Netanyahu, qui entretenait des relations exécrables avec Barack Obama, a loué le républicain, affirmant qu'il offrait "une occasion sans précédent" pour faire avancer la paix. "Il n'y a pas de meilleur soutien du peuple juif et de l'Etat juif que le président Donald Trump", a-t-il martelé.

Les Etats-Unis marquent ainsi une rupture avec ce principe de référence de la communauté internationale depuis des décennies pour chercher une issue au conflit. La solution à deux Etats, israélien et palestinien côte à côte, a été défendue par tous les présidents américains successifs, qu'ils aient été démocrates ou républicains.

Colère palestinienne

Ce revirement américain, annoncé mardi soir par un responsable de la Maison Blanche, a provoqué la colère des palestiniens. Y renoncer "n'a aucun sens", a réagi Hanane Achraoui, une des dirigeantes de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP), dénonçant "une politique pas responsable". Le mouvement islamiste Hamas, au pouvoir à Gaza, a de son côté dénoncé "un jeu fourbe" de Washington.

En visite au Caire, le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres a de son côté estimé qu'"il n'y a pas d'autre solution (...) que la solution consistant à établir deux Etats, et nous devrions faire tout notre possible pour la maintenir".

Donald Trump a d'ailleurs relevé que "pour la première fois depuis que (son) pays existe, les pays arabes de la région ne considèrent pas Israël comme leur ennemi", en allusion aux puissances sunnites du Moyen-Orient.

Retenue sur la colonisation

Pour autant, Donald Trump a appelé les deux parties israélienne et palestinienne à faire des "compromis". Il a exhorté l'Etat hébreu à faire preuve de "flexibilité" et de "retenue" sur la colonisation.

Depuis l'investiture de Donald Trump le 20 janvier, M. Netanyahu a approuvé la construction de 6000 logements supplémentaires en Cisjordanie et à Jérusalem-Est, s'attirant une condamnation de la communauté internationale et de l'Onu, à laquelle les Etats-Unis ne se sont pas joints.

Son hôte a répondu que "la question des colonies n'était pas au coeur du conflit" avec les Palestiniens, auxquels il a réclamé la "reconnaissance de l'Etat juif" d'Israël. Donald Trump a également pressé les Palestiniens de se débarrasser de leur "haine" supposée à l'égard des Israéliens.

"Réflexion" sur l'ambassade

Autre sujet potentiellement explosif, Donald Trump a affirmé qu'il aimerait voir l'ambassade des Etats-Unis installée à Jérusalem. "Nous y réfléchissons très très sérieusement (...) Nous verrons ce qui se passe".

Un transfert de la représentation diplomatique américaine de Tel Aviv à Jérusalem aurait une grande portée symbolique, car la Ville sainte n'a jamais été reconnue par la communauté internationale comme la capitale de l'Etat hébreu.

Les deux hommes sont également tombés d'accord sur l'Iran. Donald Trump a une nouvelle jugé que l'accord sur le nucléaire iranien de 2015 était "l'un des pires accords qu'il ait jamais vus".

"Mon administration a déjà imposé de nouvelles sanctions à l'Iran et j'en ferai davantage pour empêcher à jamais l'Iran de développer une arme nucléaire", a promis le président américain.

ATS

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