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Progression moins importante du nombre de bénéficiaires

Les jeunes familles monoparentales sans formation ont un risque plus important que la moyenne de dépendre de l'aide sociale (image symbolique).

KEYSTONE/CHRISTOF SCHUERPF

(sda-ats)

En 2017, le nombre de bénéficiaires de l'aide sociale a connu une hausse de 1,6%, une croissance moins importante que les années précédentes. La grande majorité des jeunes récipiendaires sont parvenus à en sortir.

Avec une hausse de 1,6% en 2017, la croissance du nombre de cas d'aide sociale dans les 14 villes étudiées est relativement modeste, a expliqué l'auteure de l'étude, Michelle Beyeler, lors d'une conférence de presse organisée mardi à Berne par l'Initiative des villes pour la politique sociale.

En 2016, la majoration se situait encore à 5,2%. La durée moyenne de perception est restée constante, ce qui représente une amélioration par rapport aux années précédentes.

Mme Beyeler attribue cette stagnation en partie à l'amélioration du marché du travail. Les taux d'aide sociale dans les villes étudiées présentent toutefois d'énormes différences. Le taux reste le plus élevé à Bienne (BE) (11,5%), où le nombre de cas a toutefois enregistré un léger recul. Suivent Lausanne (8,7%) et Bâle (6,6%). A l'autre bout du spectre se situent Uster (ZH) et Zoug (1,7%).

Arc jurassien particulièrement touché

Ces écarts importants s'expliquent principalement par des conditions socio-économiques très variables dans les villes étudiées, relève Mme Beyeler. Le risque d'aide sociale est le plus important dans l'Arc jurassien, de Bâle à Genève, ainsi que dans les grandes villes alémaniques qui exercent une fonction de centre.

Auparavant, l'Arc jurassien avait un tissu industriel encore plus marqué qu'aujourd'hui. Il fournissait de nombreux emplois aux personnes sans qualifications, des places de travail qui disparaissent de plus en plus.

Aujourd'hui, environ un bénéficiaire de l'aide sociale sur deux ne dispose pas de qualifications professionnelles. De plus, les réfugiés, les hommes divorcés ou séparés, les familles monoparentales et les personnes qui n'ont pas de connaissances linguistiques suffisantes courent un risque plus élevé que la moyenne de se retrouver à l'aide sociale.

Les jeunes parviennent à s'en sortir

Au niveau des groupes d'âges, ce sont les enfants et les jeunes adultes qui encourent "de loin le plus grand risque" de dépendre de l'aide sociale, a souligné Nicolas Galladé. Le président de l'Initiative des villes pour la politique sociale et président de la ville de Winterthour ajoute toutefois qu'il y a des lueurs d'espoir à l'horizon.

Les jeunes âgés de 17 ans qui bénéficiaient en 2010 de l'aide sociale dans les villes participantes ont été suivis sur sept ans. Résultat: en 2017, 76% d'entre eux étaient parvenus à sortir temporairement ou durablement de l'aide sociale. Seuls 8% en sont restés durablement dépendants.

Les jeunes étrangers parviennent aussi à s'intégrer, un peu plus tardivement toutefois. Alors qu'un adolescent de 15 ans sans passeport suisse sur six (17,5%) dépend de l'aide sociale, ce ratio se situe à un sur dix-huit (5,6%) chez les personnes âgées de 25 ans.

Une bourse plutôt que l'aide sociale

"La formation est un facteur essentiel pour sortir de l'aide sociale", relève M. Galladé. Les directives de la CSIAS font leurs preuves. Le financement d'une formation constitue le levier le plus efficace pour aider les jeunes à avoir une vie autonome. Une formation est mieux qu'un emploi précaire, une bourse mieux que l'aide sociale, a affirmé le conseiller municipal lausannois Oscar Tosato.

Avec le directeur des affaires sociales de Bienne, il a expliqué ce que leurs deux villes, qui présentent de hauts taux d'aide sociale, ont entrepris pour aider les jeunes à s'en sortir. A Lausanne, en l'espace d'un an, la part des 18-25 ans au bénéfice de l'aide sociale est passée de 17,4% à 15,8% grâce à un programme de formation et d'accompagnement rigoureux, accompagné de prestations complémentaires.

La focalisation sur les jeunes ne doit pas masquer le fait que le risque d'aide sociale des personnes de plus de 45 ans a considérablement augmenté dans les villes. A Bienne, par exemple, le taux de cette tranche d'âge est passé en quatre ans de 11,9% à 13,4%.

Coûts doublés en 15 ans

Depuis 2003, les dépenses nettes dans l'aide sociale ont plus que doublé. De 1,22 milliard de francs, elles ont grimpé à 2,72 milliards. Cette hausse dépasse nettement l'augmentation de la population survenue durant la même période.

Selon M. Galladé, outre l'augmentation de la population, cela s'explique par une individualisation de la société, une demande en baisse de travailleurs non qualifiés, des cas sociaux plus nombreux et plus coûteux ainsi que par des durcissements dans le système de sécurité sociale, qui ne retient plus les personnes touchées par la pauvreté.

Ces indicateurs de l'aide sociale ont été élaborés par la Haute école spécialisée bernoise et l'Initiative des villes pour la politique sociale. Sur la base de chiffres de l'Office fédéral de la statistique (OFS), ils documentent l'évolution dans les 14 villes suivantes, qui abritent 26% des bénéficiaires de l'aide sociale en Suisse: Zurich, Bâle, Lausanne, Berne, Winterthour (ZH), Lucerne, St-Gall, Bienne (BE), Schaffhouse, Coire, Uster (ZH), Zoug, Wädenswil (ZH) et Schlieren (ZH).

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