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Plus que centenaire, la constitution valaisanne doit être repensée et adaptée au 21e siècle. Des personnalités politiques et civiles valaisannes ont constitué un comité pour lancer une initiative populaire pour réviser totalement la charte fondamentale du canton.

La constitution date de 1907. Elle a été rédigée en fonction de la société de l'époque. "Or elle ne correspond plus aux exigences du monde nouveau qui est le nôtre", a déclaré lundi lors d'une conférence de presse le co-président du comité Jean Zermatten.

La charte fondamentale a subi quelques révisions partielles portant sur la fiscalité, les droits populaires ou le régime communal. Mais une réforme totale est nécessaire. Même le gouvernement cantonal n'en disconvient pas puisqu'il veut réviser totalement le texte, mais par étapes.

Cette voie s'est heurtée le 14 juin dernier à l'épreuve du peuple. Le souverain a en effet refusé la modification d'un certain nombre d'articles concernant le découpage territorial et le mode d'élection.

Une réflexion humaniste

Les initiants veulent une réflexion fondamentale. Elle ne doit pas être partisane ni politicienne mais menée de manière humaniste. Ils proposent la création d'une constituante, une démarche que d'autres cantons ont suivie, dont les membres seraient autant des politiciens que des représentants de la société civile.

Les raisons de cette volonté de révision sont de deux types, précise Jean-François Lovey, co-président du comité. Il y a d'une part des motifs externes. Plusieurs cantons ont révisé leur constitution, la Confédération a également procédé à cet exercice en 2000. "Il est difficile d'imaginer un mouvement à l'échelle fédérale et un immobilisme cantonal".

Il y a aussi une foule de raisons internes. En un siècle, la population du canton a triplé, la taille des familles s'est réduite, l'emploi agricole a fondu, la population urbaine a explosé, l'équilibre démographique entre la montagne et la plaine et entre les deux régions linguistiques a disparu, les femmes ont obtenu le droit de vote, le principe d'égalité est reconnu.

Beaucoup d'oubliés

Or la constitution valaisanne ne fait pas mention de la femme ni de l'enfant ou des personnes âgées, explique M. Lovey. Les notions d'égalité entre hommes et femmes, de développement durable, d'accès à l'information, de liberté d'opinion, d'intégration des étrangers, d'accès aux soins, de protection des données ne sont pas évoquées.

En 1907, ces paramètres n'existaient pas et ne pouvaient donc pas figurer dans la constitution. A l'inverse, les préoccupations comme l'assurance du bétail, les charges censitaires ou les infirmeries régionales étaient présentes et figurent dans la charte fondamentale alors qu'elles n'ont plus de réalité.

Une révision constitutionnelle n'est pas une réponse immédiate à des problèmes du moment, précise M. Zermatten. "C'est une réflexion de fond sur un projet d'avenir. C'est un travail de longue haleine". Le comité estime à sept ou huit ans le temps nécessaire pour qu'un projet puisse être présenté en votation populaire. La première étape est de réunir les 6000 signatures nécessaires dans un délai d'une année.

ATS