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Des secouristes viennent en aide à un manifestant blessé à Erevan.

KEYSTONE/AP PAN Photo/KARO SAHAKYAN

(sda-ats)

Des dizaines de personnes ont été blessées lundi à Erevan, la capitale arménienne. Police et manifestants protestant contre le maintien au pouvoir de l'ex-président Serge Sarkissian, proposé au poste de Premier ministre, se sont affrontés.

Les manifestants ont voulu se rendre au Parlement arménien, après avoir défilé dans le centre-ville, à l'appel du chef de l'opposition Nikol Pachinian, et ont bloqué les rues principales, a constaté une journaliste de l'AFP.

Empêchés d'avancer par des barbelés installés non loin du Parlement par la police, dont d'importants effectifs ont été déployés sur place, les manifestants ont tenté de forcer le passage. La police a alors utilisé des grenades assourdissantes.

Pachinian légèrement blessé

Au total 46 personnes, parmi lesquelles M. Pachinian et six policiers, ont sollicité une assistance médicale pour des blessures occasionnées par les barbelés et des fragments de grenades assourdissantes, selon la journaliste de l'AFP.

"Nous sommes des personnes pacifiques. Notre objectif est d'empêcher - sans violence ou recours à la force - Serge Sarkissian de diriger le pays pour la troisième fois consécutive", a assuré plus tôt dans la journée M. Pachinian, alors que les manifestants scandaient à ses côtés "l'Arménie sans Serge!", "Serge est un menteur!".

De son côté, le Parquet général arménien a annoncé l'ouverture d'une enquête pour "troubles massifs".

Vote attendu mardi

Le Parti républicain au pouvoir a pour sa part officiellement présenté lundi au Parlement la candidature de Serge Sarkissian, 63 ans, au poste de Premier ministre.

Le vote à l'issue duquel M. Sarkissian devrait être sans surprise élu à ce poste clé dans cette ex-république soviétique du Caucase est attendu mardi.

"Le peuple a fait son choix lors des élections législatives en votant pour le Parti républicain. Et c'est le droit du parti qui a la majorité d'élire le Premier ministre", a déclaré le porte-parole de ce parti et vice-président du Parlement arménien, Edouard Charmazanov.

Les protestations secouent depuis vendredi Erevan où plus de 4000 personnes sont descendues dans la rue pour dénoncer l'intention de l'ancien président arménien de rester au pouvoir en tant que chef du gouvernement.

Réforme contestée

Le nouveau président arménien, Armen Sarkissian, qui a le même nom de famille que son prédécesseur sans pour autant avoir de lien de parenté avec lui, a pour sa part prêté serment la semaine dernière.

Ses fonctions sont devenues largement protocolaires depuis la réforme constitutionnelle de 2015 qui a transformé l'Arménie en république parlementaire. Le pouvoir exécutif réel est entre les mains du Premier ministre.

L'opposition affirme que cette réforme avait pour unique but de maintenir au pouvoir le pro russe Serge Sarkissian, ancien officier de l'armée, qui occupait le poste de président depuis 2008 après avoir déjà été Premier ministre en 2007-2008.

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ATS