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PSA et FCA résistent à la crise pour leur dernière année de célibat

Fiat Chrysler (FCA) a enregistré un bénéfice net de 24 millions d'euros en 2020, signe que le constructeur italo-américain a résisté à la crise du secteur automobile provoquée par la pandémie de coronavirus (archives). KEYSTONE/EPA/RENA LAVERTY sda-ats
Ce contenu a été publié le 03 mars 2021 - 12:55
(Keystone-ATS)

Les constructeurs automobiles PSA (Peugeot-Citroën-Opel) et FCA (Fiat-Chrysler) ont traversé une année 2020 difficile mais sont restés dans le vert avant leur mariage au sein de Stellantis, groupe de 14 marques devenu le sixième mondial.

Sur un marché en chute libre au premier semestre et en léger rebond au second, FCA a enregistré un chiffre d'affaires en baisse de 20% à 86,67 milliards d'euros (environ 96 milliards de francs). Le constructeur (Fiat, Chrysler, Jeep, Maserati) a tout juste maintenu la tête hors de l'eau avec un bénéfice de 24 millions d'euros.

PSA a enregistré un chiffre d'affaires en recul de 18,7% en 2020, à 60,7 milliards d'euros, avec un bénéfice net de deux milliards d'euros, en baisse par rapport à une année 2019 record.

Les deux groupes ont été fortement touchés par la baisse des ventes mais ont réussi à maintenir leurs prix, dégageant des marges importantes, de 4,3% pour FCA et 6,1% pour PSA.

"Solidité financière"

"Ces résultats mettent en évidence la solidité financière de Stellantis, qui réunit deux entreprises fortes et saines. Stellantis prend un départ lancé et se concentre totalement sur l'atteinte de l'ensemble des synergies annoncées", s'est félicité Carlos Tavares, ex-patron de PSA devenu directeur général de Stellantis.

Le nouveau groupe vise une marge opérationnelle courante entre 5,5% et 7,5% en 2021, "en l'absence de tout confinement significatif lié à la COVID-19". Son conseil d'administration a approuvé une distribution d'un milliard d'euros de dividendes à ses actionnaires, sous réserve de l'approbation de l'assemblée générale prévue le 15 avril 2021.

Stellantis, basée à Amsterdam, devrait compter près de 300.000 salariés après le désengagement de PSA dans l'équipementier Faurecia.

Le groupe abrite dans le même garage 14 marques emblématiques et très différentes comme Citroën et Maserati, Fiat et Opel, Peugeot et Alfa Romeo, Chrysler, Dodge ou Jeep.

Rebond de 10% prévus en Europe

Stellantis prévoit un rebond du marché en 2021 de 10% en Europe, 8% en Amérique du Nord, 20% en Amérique du Sud, et 5% en Chine.

En 2020, FCA a écoulé 3,43 millions de véhicules sur l'année, un chiffre en recul de 22%, "dû à des perturbations de la production et de la demande" engendrées par la pandémie de coronavirus.

Sur le quatrième trimestre, les livraisons ont atteint 1,16 million d'unités, un chiffre comparable à celui de la même période de 2019. Fiat-Chrysler a fait état de "résultats record" aux Etats-Unis, avec notamment un bénéfice opérationnel (Ebit) ajusté de 2,2 milliards d'euros au quatrième trimestre, en hausse de 8%.

Maserati a notamment donné des signes de bonne santé après des années de pertes, avec 5.200 véhicules écoulés au quatrième trimestre et 12 millions d'euros de bénéfice opérationnel.

Du côté de PSA, les ventes mondiales ont dégringolé de 27,8% en 2020, à 2,5 millions de véhicules. Les volumes ont notamment chuté en Europe (-29,7% à 2,1 millions), où le groupe a réalisé près de 85% de ses livraisons, et en Chine (-57,7% à 45.965), le premier marché mondial.

Parmi les marques de PSA, c'est Peugeot qui a le mieux résisté en 2020 (-23% à 1,1 million de ventes) et Opel Vauxhall qui a été la plus pénalisée par la crise sanitaire (-35% à environ 630.000).

Avec les baisses de 2020, Stellantis se classe comme sixième groupe mondial en termes de véhicules vendus, derrière GM et Hyundai-Kia, alors qu'il envisageait la quatrième place.

Le nouveau groupe vise à terme 5 milliards d'euros d'économies par an, non via des suppressions de postes, mais en "diluant les investissements sur une base plus large", notamment dans la recherche, et en "achetant les composants à un volume plus important donc à des conditions de coût plus compétitives", avait souligné M. Tavares en janvier.

La stratégie du groupe, que M. Tavares doit préciser dans les prochaines semaines, sera de "rendre les véhicules électriques abordables pour les classes moyennes". Le groupe propose déjà 29 modèles électrifiés via ses 14 marques et lancera 10 véhicules supplémentaires d'ici la fin 2021.

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