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Pour la quatrième nuit consécutive, des centaines de personnes du mouvement "Nuit Debout" occupaient dimanche soir une place centrale de Paris, a constaté une journaliste de l'AFP. Ils dénoncent notamment une réforme du droit du travail jugée trop libérale.

Depuis vendredi plusieurs dizaines de manifestants passent la nuit sur la Place de la République avant d'être délogés par les forces de l'ordre au petit matin. Le mouvement "Nuit Debout" est apparu à la suite de manifestations de masse, qui ont rassemblé jeudi entre 390'000 personnes selon les autorités et 1,2 million selon les syndicats, contre cette réforme accusée de favoriser la précarisation.

Les organisateurs du mouvement classé à gauche ont obtenu l'autorisation d'occuper la place jusqu'à lundi, a-t-on appris de source policière. "Nous sommes 2000 !", a annoncé une bénévole au micro devant les participants massés sur la place, certains assis en tailleur sur les pavés, avec l'intention d'y passer la nuit.

"Salaire à vie", "démocratie par tirage au sort", "baisse des hauts revenus", "embauche de tous les chômeurs", "destruction globale du système capitaliste", les revendications sont diverses et les participants se sont succédé au mégaphone pendant plus de deux heures.

#NuitDebout

"Nous ne sommes pas des bisounours, on est des optimistes, le monde dont on rêve, il est là", s'enthousiasme une jeune femme. D'autres appellent à "réécrire la Constitution" et réclament "la démission du gouvernement" du président socialiste François Hollande.

Ce mouvement spontané baptisé "Nuit debout" est apparu dans la foulée de rassemblements convoqués jeudi par des organisations syndicales, étudiantes et lycéennes pour demander le retrait du projet de loi sur le travail présenté par le gouvernement socialiste français.

Mais le mouvement agrège aussi, sous le hashtag #NuitDebout sur les réseaux sociaux, d'autres revendications politiques ou sociales. Et nombre de participants y voient l'amorce d'un phénomène informel comme les mouvements "Occupy" nés dans divers pays, ou comme celui des "Indignés" de la Puerta del Sol, apparu en 2011 à Madrid pour dénoncer l'austérité et la corruption.

El Khomri attentive

La ministre du Travail, Myriam El Khomri, a pour sa part assuré lundi "rester attentive à toutes les interpellations", notamment les "exaspérations" s'exprimant depuis quatre jours dans les rassemblements nocturnes Place de la République à Paris.

Le rassemblement "Nuit debout", Place de la République, exprime "une volonté de lutter contre la précarité". "Notre pays vit depuis 30 ans un chômage de masse, donc il faut entendre ces exaspérations-là", a-t-elle dit.

"Après, j'admets moins les leçons faciles: quand j'entends un jeune de la Place de la République qui dit qu'avec cette loi, on va pouvoir en tant qu'apprenti travailler près de 60 heures, c'est faux, ceci n'est pas dans ma loi", a ajouté Mme El Khomri.

ATS