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Quelque 1800 maçons dans les rues de Genève

A Genève, 1800 maçons ont bloqué le pont du Mont-Blanc mardi, entre 07h30 et 10h30. Selon les syndicats, 2500 employés du gros oeuvre ont fait grève au bout du lac afin d'obtenir une meilleure convention nationale (CN) dès 2019.

KEYSTONE/SALVATORE DI NOLFI

(sda-ats)

A Genève, 1800 maçons ont bloqué le pont du Mont-Blanc mardi entre 07h30 et 10h30. Cette action s'inscrit dans le cadre de la négociation sur la convention nationale (CN) du secteur de la construction, qui expire en fin d'année.

La vague de protestation nationale a démarré lundi au Tessin, où 3000 maçons étaient réunis à Bellinzone pour exiger le maintien de la retraite à 60 ans. A Genève, les syndicats Unia, SIT et Syna ont appelé les travailleurs du gros oeuvre à participer dès mardi à une grève reconductible de quatre jours.

Le cortège est parti à 07h15 des environs de la gare de Cornavin. "Halte au dumping salarial. Nous luttons pour une bonne CN" et "Oui, mais pas à n'importe quel prix" pouvait-on lire sur les banderoles en tête de cortège. La plupart des manifestants portaient des t-shirts noirs avec l'inscription "16 octobre" et, dans le dos, "Tous au pont" ainsi que des casquettes blanches avec le mot "Grève".

"Menaces des patrons"

Les prises de parole se sont succédé dès 08h30. "Les entrepreneurs à Zurich attaquent votre retraite anticipée et vos conditions de travail", a relevé au micro Alessandro Pelizzari. Mais, selon le secrétaire régional d'Unia à Genève, la situation se dégrade aussi de manière surprenante au bout du lac, où les patrons refusent de se mettre autour d'une table pour discuter.

"Aujourd'hui, les patrons genevois menacent de licencier ceux qui participent à la grève", a poursuivi Thierry Horner, du Syndicat interprofessionnel des travailleurs (SIT). Et d'appeler les ouvriers à lutter pour leurs droits et dire stop aux licenciements des travailleurs âgés et au travail temporaire. Selon Unia, 2500 maçons étaient en grève mardi.

"Dégradation totale"

Nico Lutz, responsable du secteur de la construction au secrétariat central d'Unia, a rappelé que la manifestation de juin à Zurich, qui avait réuni 18'000 personnes, avait permis de trouver une solution après neuf mois de blocage sur la CN. Mais, en échange du maintien de la retraite à 60 ans et d'une hausse salariale, le patronat exige 300 heures de travail flexibles, contre 100 aujourd'hui.

"Cette flexibilisation est une attaque à la santé des travailleurs et une dégradation totale de la CN!" a dénoncé M. Lutz. Les syndicats estiment aussi que la CN offre une protection insuffisante en cas d'intempéries. Or les patrons veulent la supprimer, tout comme ils souhaitent pouvoir licencier, sans entraves, les travailleurs expérimentés de plus de 50 ans pour les réengager moins cher.

Problème des temporaires

Alors que les patrons genevois dénoncent les attaques violentes à la paix du travail par les syndicats, ceux-ci critiquent l'absence de dialogue. "Le refus du patronat est catégorique, même devant la Chambre des relations collectives de travail, saisie par les syndicats", a fait savoir Yves Mugny, d'Unia. En réponse, les syndicats ont mené des actions sur des chantiers.

Car les problèmes ne manquent pas. Sur certains chantiers, le taux de travailleurs temporaires dépasse les 50%, selon les syndicats. "Alors que la construction se porte très bien à Genève, le nombre de postes fixes dans le gros oeuvre est passé de 4700 à 4200 entre 2013 et 2017. Les 500 postes en moins ont été remplacés par des temporaires", a indiqué Thierry Horner, du SIT.

"Signal clair"

Les manifestants ont reçu le soutien d'autres syndicats genevois et des partis de gauche. Le cortège est passé devant le siège du Groupement genevois des entreprises puis il s'est arrêté devant la Fédération genevoise des métiers du bâtiment, à Pont-Rouge. La police est intervenue à proximité pour faire barrage à des grévistes qui invectivaient des ouvriers au travail.

Le cortège est arrivé vers 14h45 près de la gare, à la section genevoise de la Société suisse des entrepreneurs, où il a été décidé, par acclamation, de poursuivre le mouvement mercredi, selon le même parcours. Le trafic a été très perturbé au centre-ville mardi.

La mobilisation du gros oeuvre se poursuivra dans toute la Suisse jusqu'au 9 novembre, date du prochain round de négociations. Pour Guido Schluep, responsable de la construction à Syna, il faut donner un signal clair aux entrepreneurs.

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