Navigation

Réalisés il y a un siècle, les nus de Schiele dérangent toujours

Un comité d'éthique a estimé que l'affichage de parties génitales ne serait pas acceptable pour le public, raconte Norbert Kettner (image symbolique/archives). KEYSTONE/EPA/CHRISTINE KOKOT sda-ats
Ce contenu a été publié le 16 novembre 2017 - 18:51
(Keystone-ATS)

Les sulfureux nus peints par Egon Schiele avaient choqué la société autrichienne des années 1910. Cent ans après son décès, qui sera commémoré en 2018, rien n'est acquis pour la diffusion des oeuvres les plus crues de la star de l'expressionnisme viennois.

C'est le constat qu'a fait l'office du tourisme de Vienne lorsqu'il a lancé sa campagne de promotion du jubilé Schiele de 2018. Des afficheurs, en Grande Bretagne et en Allemagne, ont refusé l'accrochage des publicités, a expliqué Norbert Kettner, directeur de l'agence.

Motif: des nus de Schiele ("Homme assis nu" et "Fille aux bas oranges"), où le sexe des modèles est représenté frontalement, délibérément choisis pour illustrer les affiches. "Nous voulions susciter des discussions et le thème de la nudité nous a semblé pertinent", précise Norbert Kettner.

"La campagne était prête, mais quand nous avons livré les premiers visuels, plusieurs retours ont été 'ça ne va pas comme ça, la règlementation ne permet pas d'afficher les parties génitales'", poursuit-il.

"Toujours trop audacieux"

En Grande-Bretagne, la société d'affichage du métro londonien a décliné la première version de la campagne, tout comme l'afficheur d'un aéroport allemand: "Nous avions le feu vert pour un très grand format et, à la veille de l'accrochage, on nous a retiré l'accord, car un comité d'éthique a estimé que ce ne serait pas acceptable pour le public de l'aéroport".

L'office du tourisme n'a pas mis longtemps pour retomber sur ses pieds. Il a remanié les affiches autour des thèmes de l'interdit et du tabou.

Les mêmes publicités sont désormais visibles depuis début novembre dans le métro londonien, ainsi qu'à Hambourg. Mais le sexe des corps nus est couvert d'un bandeau qui proclame, en anglais ou en allemand: "PARDON, cent ans d'âge et toujours trop audacieux de nos jours".

Un afficheur consulté à Vienne par l'office du tourisme avait en revanche approuvé sans réserve la campagne "non censurée", ajoute Norbert Kettner.

Manifestations prévues

Egon Schiele (1890-1918) n'a pas toujours été aussi bien vu dans la capitale autrichienne. Avant son décès à 28 ans, sa production prolifique a été jugée provocante par la bonne société viennoise confrontée à sa vision d'un érotisme torturé.

Le centenaire de la mort de Schiele verra se succéder les manifestations consacrées à l'artiste ainsi qu'à son premier mentor, Gustave Klimt, à l'architecte Otto Wagner et au graphiste Koloman Moser, figures du modernisme Viennois. Tous sont morts en 1918.

Cet article a été importé automatiquement de notre ancien site vers le nouveau. Si vous remarquez un problème de visualisation, nous vous prions de nous en excuser et vous engageons à nous le signaler à cette adresse: community-feedback@swissinfo.ch

Partager cet article

Joignez-vous à la discussion

Avec un compte SWI, vous avez la possibilité de faire des commentaires sur notre site web et l'application SWI plus.

Connectez-vous ou inscrivez-vous ici.