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Le président de l'UDC Albert Rösti en train de discuter avec des collègues de parti: il n'exclut pas un référendum contre la loi sur le CO2, par laquelle l'accord de Paris est concrètement mis en œuvre (archives).

KEYSTONE/PETER KLAUNZER

(sda-ats)

La décision de Donald Trump de retirer les Etats-Unis de l'accord de Paris sur le climat ne devrait pas influencer le Conseil des Etats qui doit encore le ratifier. La question d'un référendum pourrait néanmoins se poser lors de la mise en oeuvre de la loi sur le CO2.

Le National avait déjà donné son feu vert au protocole en mars par 123 voix contre 62. La contestation venait surtout du côté de l'UDC qui a rejeté l'accord par 57 voix contre une et cinq abstentions. Les sénateurs se prononceront la semaine prochaine.

Un "oui" à l'accord ne sauvera pas la Suisse, avait vilipendé Toni Brunner (UDC/SG) lors des débats. La Suisse n'est pas si importante. L'UDC a toujours émis des doutes quant aux engagements des plus gros pollueurs de la planète.

La décision de Donald Trump n'a ainsi pas surpris le président de l'UDC Albert Rösti. Il l'avait annoncée lors de sa campagne. C'est par crainte de voir les plus grands se tenir à l'écart que l'UDC a d'ailleurs voté contre la ratification et qu'elle s'y opposera aussi au Conseil des Etats, a expliqué à l'ats le conseiller national bernois.

Et l'UDC compte-t-elle lancer un référendum contre l'accord de Paris? Le parti n'en a pas encore discuté. D'après Albert Rösti, cette question se posera plutôt dans le cadre de la révision de la loi sur le CO2: lorsqu'on traitera de la mise en œuvre concrète du protocole de Paris et des mesures à prendre qui auront des conséquences sur l'économie.

Trump, "un homme du passé"

Le conseiller national Roger Nordmann (PS/VD) doute que la décision de Donald Trump ait une influence sur le Conseil des Etats. Le cours de l'histoire ne peut plus être renversé et le consensus sur la nécessité de protéger l'environnement est toujours plus fort et visible. Et de rappeler que 58,2% des Suisses ont accepté la Stratégie énergétique.

Et si l'UDC lançait un référendum pour soumettre le protocole à l'aval des citoyens? "Qu'elle le fasse", lance le président du groupe socialiste au Parlement, elle risque simplement d'essuyer un nouvel échec.

D'après lui, Donald Trump est "un homme du passé". C'est comme s'il y avait deux mondes, le nouveau, tourné vers l'avenir et les énergies renouvelables et l'ancien, représenté par le président américain ou en Suisse par la famille Blocher qui s'était fortement engagée contre la Stratégie énergique 2050, analyse-t-il.

Taxe sur les produits américains

Selon les Verts, la Suisse doit signifier son mécontentement par des mesures concrètes. Le parti écologiste propose d'introduire une taxe CO2 sur les produits américains importés.

Le conseiller national zurichois Bastien Girod déposera une interpellation en ce sens la semaine prochaine. La présidente des Verts Regula Rytz demande même que l'ambassadeur américain soit convoqué.

D'après Roger Nordmann, la Suisse doit signifier son mécontentement certes, mais elle doit surtout regarder vers l'avenir et se concentrer sur la réduction de CO2 dans son pays. Un avis partagé par le PLR: la Suisse peut et doit être partie de la solution. Le parti a par conséquent soutenu la ratification à la chambre du peuple et le fera aussi aux Etats.

ATS

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