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L'objectif du parti, alors que les négociations de sortie de l'UE doivent débuter au printemps, est de faire pression sur le gouvernement conservateur pour un Brexit "rapide" et dur, sans concession sur l'immigration, a affirmé Paul Nuttall (archives).

KEYSTONE/EPA/FACUNDO ARRIZABALAGA

(sda-ats)

Le parti europhobe britannique Ukip a affirmé vendredi sa volonté d'être le "vrai parti du peuple" face à un Labour (parti travailliste, gauche) profondément divisé. Ukip a été l'un des grands artisans de la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne (Brexit).

Le parti a réuni vendredi quelque 500 personnes à Bolton, ancienne cité textile du nord de l'Angleterre, pour son congrès de printemps. Une majorité de retraités étaient présents dans la salle. Pas de drapeaux britanniques, comme lors de la campagne du Brexit, mais toujours le même mot d'ordre: en finir avec l'UE et "reprendre le contrôle" du Royaume-Uni.

Le Brexit a beau être en cours d'accomplissement, Ukip demeure "plus important que jamais", a clamé depuis la tribune le leader du parti Paul Nuttall. L'objectif de Ukip, alors que les négociations de sortie de l'UE doivent débuter ce printemps, est de faire pression sur le gouvernement conservateur de Theresa May pour un Brexit "rapide et dur, sans concession sur l'immigration", a-t-il affirmé.

"Le gouvernement doit le savoir s'il tente de transiger sur l'abolition de la liberté de mouvement, nous serons là !", a-t-il poursuivi sous un tonnerre d'applaudissements. "Cela fait plus de sept mois que nous avons voté pour le référendum, et que s'est-il passé jusqu'ici ? Rien", avait déjà fustigé plus tôt l'ancien leader de Ukip Nigel Farage.

Elections test

Ukip a mis de long mois à se sortir d'une crise de succession née de la démission précisément de Nigel Farage l'été dernier. Cette formation politique espère profiter de l'impopularité actuelle du Labour, principal parti d'opposition en proie à de profondes divisions.

Lors d'élections partielles la semaine prochaine, Ukip testera sa capacité à supplanter les travaillistes dans certaines circonscriptions du nord de l'Angleterre frappées par la désindustrialisation. Paul Nuttall tentera de ravir la circonscription de Stoke-on-Trent Central (centre) aux travaillistes, qui la dirigent depuis sa création en 1950.

Dans son discours, Paul Nuttall a multiplié les signaux à l'attention de l'électorat populaire. "Nous nous engageons à supprimer la TVA sur les factures énergétiques pour que les gens n'aient pas à choisir entre se chauffer ou manger", a-t-il tonné.

Nigel Farage a, lui, mis en garde le parti contre toute tentative de "normalisation". "Trop de gens au sein de Ukip appellent le parti à devenir plus traditionnel", a-t-il fustigé. "Je comprends, c'est sympa d'être populaires, mais ce n'est pas ça. Ukip est un parti radical ou alors il n'est rien", a-t-il insisté.

Institut contre le Brexit

De son côté, l'ex-premier ministre travailliste Tony Blair a appelé vendredi ses compatriotes favorables à un maintien dans l'UE à résister et essayer de persuader les partisans du Brexit de changer d'avis.

"Nous devons créer un mouvement qui s'étendra au-delà des frontières des partis", a-t-il ajouté, en annonçant la création d'un institut qui va s'attacher à développer une argumentation contre le Brexit et à maintenir des liens étroits avec Bruxelles. Depuis le référendum, l'ancien premier ministre a prôné à plusieurs reprises l'organisation d'un second référendum sur le Brexit.

ATS

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