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Le chef du Parti républicain du peuple (CHP) Kemal Kilicdaroglu s'est exprimé sur une estrade dressée au bord de la route.

KEYSTONE/EPA/TUMAY BERKIN

(sda-ats)

Le chef du principal parti d'opposition turc a dirigé mardi une réunion de groupe parlementaire inhabituelle. La séance s'est tenue au bord d'une route, au sixième jour d'une "marche pour la justice" en défi au président Recep Tayyip Erdogan.

Kemal Kiliçdaroglu, président du Parti républicain du peuple (CHP, social-démocrate), a démarré jeudi une marche de plus de 400 km qui doit le mener d'Ankara à Istanbul, pour protester contre l'incarcération d'un député de son parti la semaine dernière.

Au sixième jour, mardi, il avait déjà parcouru une centaine de kilomètres. Une estrade a été installée au bord de la route, près de Camlidere, dans la province d'Ankara, pour son discours hebdomadaire aux députés CHP. A cette occasion, il a accusé M. Erdogan d'ingérence dans les affaires judiciaires.

"Démissionneras-tu ?"

"Si je prouve que toi et ton gouvernement avez donné des ordres aux tribunaux, démissionneras-tu comme un homme honorable ?", a lancé M. Kiliçdaroglu au chef de l'Etat. "Je donne ma parole: si je ne réussis pas à le prouver, je me retirerai de la vie politique. Parce que je suis un homme d'honneur", a-t-il ajouté.

Cette marche a été lancée après l'incarcération mercredi du député CHP Enis Berberoglu, condamné à 25 ans de prison pour avoir dévoilé des secrets d'Etat. Plusieurs centaines de personnes étaient présentes mardi, malgré un ciel chargé. Près de l'estrade, une buvette avait été aménagée pour leur permettre de manger et boire.

"Berberoglu est un symbole", explique Eylem Uzuner, une militante CHP venue d'Istanbul pour rejoindre la marche. "L'objectif est d'avoir la justice pour tous, parce que tout le monde a besoin de justice".

Mise en garde d'Erdogan

L'opposition accuse M. Erdogan de dérive autoritaire, notamment depuis le putsch manqué du 15 juillet qui a été suivi de vastes purges, et encore plus depuis l'adoption par référendum le 16 avril d'une réforme constitutionnelle renforçant les pouvoirs du président.

M. Erdogan avait mis en garde le chef de l'opposition samedi, lui demandant de ne pas être "surpris" si "les autorités judiciaires vous convoquent demain quelque part".

ATS

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